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Mérésânkh IV

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Mérésânkh IV
Image illustrative de l’article Mérésânkh IV
Stèle fausse-porte de Mérésânkh IV provenant de sa tombe à Saqqarah.
Nom en hiéroglyphe
U6S29S34
Transcription Mrs-ˁnḫ
Dynastie Ve dynastie
Famille
Conjoint Menkaouhor ou Djedkarê Isési
Enfant(s) ♂ Kaemtjenent (?)
♂ Isésiânkh (?)
♂ Rêmkoui (?)
Sépulture
Nom Mastaba D5
Type mastaba
Emplacement Saqqarah
Découvreur Auguste Mariette
Fouilles XIXe siècle (Mariette)

Mérésankh IV est l'épouse d'un roi de la seconde moitié de la Ve dynastie. Son nom signifie Elle aime la vie ou La Vivante aime.

Attestation

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La reine n'est attestée que par sa tombe, le mastaba D5, située à Saqqarah. Parmi ses titres qu'elle porta, on relèvera les suivants[1],[2] :

  • « Grande du sceptre-hétès » (wr.t ḥts),
  • « Grande des louanges » (wr.t ḥs.t),
  • « Celle qui voit Horus et Seth » (mȝȝ.t Ḥrw Sts̆),
  • « Suivant d'Horus » (ẖt-Ḥrw),
  • « Celle qui s'assoit avec Horus » (tjst-Ḥrw),
  • « Compagnon d'Horus » (smr.t-Ḥrw),
  • « Celle qui se joint au bien-aimé des Deux Maîtresses » (smȝw.t-mry-Nbty),
  • « Épouse du Roi » (ḥm.t-nsw.t),
  • « Prêtresse de Tjasépef » (ḥm.t-nṯr Ṯȝ-spf),
  • « Prêtresse de Djéhouty » (ḥm.t-nṯr Ḏḥwty),
  • « Contrôlleuse des bouchers du Shénedjet » (ḫrp[.t] ss̆m.t s̆nḏt).

Généalogie

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Mérésânkh IV est une épouse d'un roi ; malheureusement, le nom de ce roi n'a pas été retrouvé[1]. Il existe toutefois un consensus parmi les égyptologues quant à l'hypothèse qu'elle ait très probablement vécu durant la seconde moitié de la Ve dynastie[1].

L'égyptologue de terrain George Andrew Reisner a proposé que Mérésânkh IV était l'épouse de Djedkarê Isési et qu'elle ait eu de lui le prince Rêmkoui, ainsi que peut-être les fonctionnaires Isésiânkh et Kaemtjenent[3]. Cette hypothèse a été largement soutenue par la suite par I. E. S. Edwards[4], qui observe que plusieurs personnages apparemment de la Ve dynastie ont été inhumés le long du mur d'enceinte au nord de la pyramide à degrés du roi Djéser de la IIIe dynastie. Reisner justifie son raisonnement par la proximité de ces tombes de la Ve dynastie.

Cependant, l'hypothèse selon laquelle Isésiânkh ou Kaemtjenent auraient été des fils de Djedkarê, ou même d'un roi, a été remise en question. Baud réfute l'idée que ces deux personnages aient pu être des fils de Djedkarê en raison de leur titre[5]. Il affirme que le titre de « fils du roi », attesté pour les deux personnages, était de nature purement honorifique. Bien que cela jette un doute sur les liens familiaux entre ces deux personnages, cela n'exclut pas la possibilité que Mérésânkh IV ait été l'épouse de Djedkarê, une hypothèse privilégiée par Wilfred Seipel et l'historienne Lana Troy[6],[7].

Porter et Moss soutiennent également que Mérésânkh IV était l'épouse de Djedkarê, considérant également le prince Rêmkoui comme le fils de ce roi[8]. Bien qu'elles ne proposent pas ouvertement que Mérésânkh IV ait été la mère de Rêmkoui, Harpur le fait plus tard[9]. Aidan Dodson considérait également, dans un article publié en 1988, que la reine était l'épouse de Djedkarê[10]. L'égyptologue allemand Peter Munro a émis l'hypothèse, de son côté, que Mérésânkh IV était la mère du roi Ounas[11].

Baud préfère dater Mérésânkh IV du règne de Niouserrê et Menkaouhor, tout en reconnaissant la possibilité qu'elle soit l'épouse de l'un des deux derniers rois de la Ve dynastie[1]. Plus récemment, Dodson et Dyan Hilton, puis Joyce Tyldesley, l'associent à Menkaouhor[12],[13],[14], Dodson et Hilton, s'appuyant sur les sépultures voisines pour étayer leur raisonnement, proposaient par ailleurs que Mérésânkh IV soit la mère de Rêmkoui et Kaemtjenent dans le cadre de la reconstitution de l'arbre généalogique des membres de la famille royale de la Ve dynastie[15].

Mérésânkh IV possède un mastaba[note 1] dans la nécropole de Saqqarah, au nord du complexe funéraire de Djéser. Il fait partie d'un groupe de mastaba installés le long de l'enceinte à redans dès le début de la Ve dynastie et comportant plusieurs tombeaux de dignitaires depuis le règne d'Ouserkaf qui installa son propre complexe funéraire à proximité de l'angle nord-est de la même enceinte. Ce tombeau a été identifié pour la première fois par Auguste Mariette à la fin du XIXe siècle, qu'il consigné dans un manuscrit, publié de manière posthume sous le titre de Mastabas de l'Ancien Empire[16].

Mariette ne décrit que brièvement le mastaba. Il estime qu'il ne comportait qu'une seule chambre intérieure et note qu'il avait été construit en calcaire de mauvaise qualité. Il ne découvrit aucun autre vestige qu'une stèle fortement altérée. Afin de pouvoir lire son inscription, Mariette et son équipe eurent recours à un enduit de stuc sur la stèle[17].

Le mastaba fut réexaminé par l'égyptologue britannique James Edward Quibell entre 1907 et 1908[18], lors d'une étude des tombes de la nécropole de Saqqarah susceptibles d'être démantelées et vendues à des musées occidentaux[19]. Quibell constata qu'entre ses fouilles et celles de Mariette, la stèle s'était détériorée au point d'être illisible. Il identifia cependant une scène à fresque sur le mur sud, non répertoriée par Mariette. Il décrit une scène composée de deux registres représentant diverses figures chantant, dansant, applaudissant et jouant de la harpe[18]. Il note que les lignes de repère rouges utilisées par les artistes ont été conservées, ce qui laisse supposer que la peinture n'a jamais été achevée.

Peter Jánosi observa que la sépulture de Mérésânkh IV est l'un des rares cas particuliers à Saqqarah de reines apparemment inhumées hors de leur contexte, loin de leur époux[20]. Dans une tentative de relier les deux personnages, Seipel a émis l'hypothèse que la sépulture prévue initialement pour Mérésânkh IV était une tombe adjacente à la pyramide de Djedkarê Isési, mais que la reine était tombée en disgrâce[6]. Cependant cette théorie a été remise en question au motif qu'elle manque de preuves à l'appui[21].

Notes et références

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  1. ↑ Mastaba référencé no 82 ou D5 sur les cartes du site ; cette dernière référence est due à Auguste Mariette qui a fouillé le site à la fin du XIXe siècle[16].

Références

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  1. 1 2 3 4 Baud 2005, p. 463-464.
  2. ↑ Callender 2011, p. 192-193.
  3. ↑ Reisner 1936, p. 408.
  4. ↑ Edwards 1971, p. 188.
  5. ↑ Baud 2005, p. 422 et 591.
  6. 1 2 Seipel 1980, p. 221-222.
  7. ↑ Troy 1986, p. 155.
  8. ↑ Porter et Moss 1974, p. 488, 949.
  9. ↑ Harpur 1987, p. 274.
  10. ↑ Dodson 1988, p. 125.
  11. ↑ Munro 1993.
  12. ↑ Dodson et Hilton 2004, p. 65 et 68.
  13. ↑ Dodson 2022, p. 31.
  14. ↑ Tyldesley 2006, p. 55.
  15. ↑ Dodson et Hilton 2004, p. 64-65.
  16. 1 2 Mariette et Maspero 1889, p. 182-183.
  17. ↑ Mariette et Maspero 1889, p. 183.
  18. 1 2 Quibell 1909, p. 24.
  19. ↑ Quibell 1909, p. 22-23.
  20. ↑ Jánosi 1993, p. 62.
  21. ↑ Baud 2005, p. 464.

Bibliographie

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  • Auguste Mariette et Gaston Maspero, Les mastabas de l'Ancien Empire : Fragment du dernier ouvrage de A. Mariette, publié d'après le manuscrit de l'auteur, Paris, F. Vieweg, librairie-éditeur, (lire en ligne) ;
  • (en) James Edward Quibell, Excavations at Saqqara (1907-1908), Le Caire, Institut français d'archéologie orientale,  ;
  • (en) George Andrew Reisner, The Development of the Egyptian Tomb Down to the Accession of Cheops, Oxford, Oxford University Press,  ;
  • (en) I. E. S. Edwards, « Chapter XI: The Early Dynastic Period in Egypt », dans The Cambridge Ancient History, Cambridge, Cambridge University Press,  ;
  • (en) Bertha Porter et Rosalind Moss, Topographical Bibliography of Ancient Egyptian Hieroglyphic Texts, Reliefs and Paintings, vol. 3 : Memphis (Abû Rawâsh to Dahshûr), Oxford, The Clarendon Press, , 2e éd. ;
  • (de) Wilfred Seipel, Untersuchungen zu den ägyptischen Königinnen der Frühzeit und des alten Reiches : Quellen und historische Einordnung, Hambourg, University of Hamburg, , 345 p. (lire en ligne) ;
  • (en) Lana Troy, Patterns of Queenship in Ancient Egyptian Myth and History, University of Hamburg, coll. « Boreas, Uppsala Studies in Ancient Mediterranean and Near Eastern Civilizations » (no 14), , xiv+236 ;
  • (en) Yvonne Harpur, Decoration in Egyptian Tombs of the Old Kingdom : Studies in Orientation and Scene Content, Londres, KPI Limited, , 596 p. (ISBN 0-7103-0228-2) ;
  • (en) Aidan Mark Dodson, « The Tombs of the Queens of the Middle Kingdom », Zeitschrift für Ägyptische Sprache und Altertumskunde, no 115,‎ , p. 123-136 ;
  • (en) Peter Jánosi, « The Queens of the Old Kingdom and their Tombs », Bulletin of the Australian Centre for Egyptology, no 3,‎ , p. 51–57 ;
  • (de) Peter Jánosi, « G 4712 - Ein Datierungsproblem », Göttinger Miszellen, no 131,‎ , p. 53–65 ;
  • (de) Peter Munro, Der Unas-Friedhof Nord-West, Mayence, Phillipp von Zabern,  ;
  • Michel Baud, Famille royale et pouvoir sous l'Ancien Empire égyptien, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale, , 2e éd. (1re éd. 1999), 678 p. (ISBN 2-7247-0250-6) ;
  • (en) Aidan Mark Dodson et Dyan Hilton, The Complete Royal Families of Ancient Egypt, [détail des éditions] ;
  • (en) Vivienne Gae Callender, In Hathor's Image : The Wives and Mothers from Egyptian Kings from Dynasties I-VI, vol. I, Prague, Czech Institute of Egyptology Charles University, , 406 p. (ISBN 978-80-7308-381-6) ;
  • (en) Joyce Tyldesley, Chronicle of the Queens of Egypt : from early dynastic times to the death of Cleopatra, Londres, Thames & Hudson, , 224 p. (ISBN 0-500-05145-3) ;
  • (en) Aidan Mark Dodson, The Royal Tombs of Ancient Egypt, Barnsley, Pen and Sword, , 2e éd. (1re éd. 2016), 224 p. (ISBN 978-1399077460).