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Massinissa

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Massinissa
ⵎⴰⵙⵏⵙⵏ
Illustration.
Camée du roi Massinissa
Titre
Roi de Numidie

(54 ans)
Prédécesseur Création
Successeur Micipsa
Gulussa
Mastanabal
Roi des Massyles

(4 ans)
Prédécesseur Lacumazès
Successeur Suppression
Biographie
Titre complet Le meilleur et le plus heureux des monarques de notre temps (selon Polybe)
Surnom Le Grand Africain
l'Unificateur
l'Ami de Rome
Date de naissance
Lieu de naissance Royaume des Massyles (en actuelle Algérie)
Origine Numide
Date de décès (90 ans)
Lieu de décès Royaume de Numidie, Cirta (Actuelle Constantine, Algérie)
Nature du décès Mort naturelle
Sépulture Soumaâ du Khroub, El Khroub, Algérie
Nationalité Numide (actuelle Algérie)
Père Gaïa
Roi des Massyles
Mère Nom inconnu
Numide Prophétesse (selon Gabriel Camps)
Grand-père paternel Zelalsan
Fratrie Feriel
Massiva
Conjoint Sophonisbe
Enfants Micipsa
Gulussa
Mastanabal
Misagenes
Masgava
Stembanos
Famille Famille royale Numide
Entourage Hannibal Barca (Allié puis ennemi)
Syphax (Ennemi)
Scipion Émilien (Allié)
Scipion l'africain (Allié)
Publius Cornelius Scipio Africanus Minor (Ami)
Polybe (Ami)
Laminius (Ami)
Profession Roi
Homme politique
Commandant
Langue Berbère ancien
Latin
Phénicien
Punique
Grec ancien

Image illustrative de l’article Massinissa
Pièce de monnaie Numide frappé à l'effigie de Massinissa (IIIe av. J.C)

Massinissa (en berbère : ⵎⴰⵙⵏⵙⵏ ou Masensen ) (MSNSN en écriture libyque : ⵎⴵⵏⴵⵏ), né vers 238 av. J.-C. dans le royaume des Massyles (en Algérie actuelle) et mort en 148 av. J.-C. dans le royaume de Numidie à Cirta (Constantine actuelle Algérie) est un roi numide.

Fils du roi Massyle Gaïa, petit-fils de Zelalsan et d'une mère prophétesse, il unifie en 202 av. J.-C. les deux tribus des Massæsyles et des Massyles après sa victoire aux côtés des Romains contre les Carthaginois durant la bataille de Zama, fondant ainsi le royaume de Numidie dont il devient le premier roi.

Son nom a été retrouvé dans son tombeau à El Khroub, près de Constantine (anciennement Cirta) en Algérie, sous la forme consonantique de MSNSN (en écriture libyque : ⵎⴵⵏⴵⵏ). Dans la langue berbère, MSNSN correspondrait à MAS N SEN, signifiant « leur seigneur » ou « leur maître », où MAS signifie « seigneur/maître » et NSEN signifie « leur ». Cependant, selon l'historien S. Chaker, Massinissa n'aurait pas été un nom, mais un simple titre honorifique, comparable au Dominus noster des inscriptions latines du Bas-Empire romain.


Contexte historique

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La Numidie et ses voisins vers 220 av. J.-C., à la veille de la deuxième guerre punique.

À la fin du IIIe siècle av. J.-C., l'Afrique du Nord antique est partagée entre plusieurs puissances. À l'est, Carthage domine une partie du littoral et exerce son influence sur les plaines céréalières. À l'ouest, le royaume des Maures est gouverné par Bocchus puis ses successeurs. Entre les deux s'étend le territoire des Numides, divisé en deux grandes confédérations tribales : les Massyles, à l'est, voisins immédiats du domaine carthaginois, et les Massaesyles, à l'ouest, dont le roi Syphax tient la ville de Siga[1]. C'est dans ce contexte que naît Massinissa, fils de Gaïa, roi des Massyles allié de Carthage[2].

La rivalité entre Massyles et Massaesyles, attisée par les ingérences carthaginoise et romaine, structurera l'essentiel de la trajectoire politique du jeune prince. La Deuxième guerre punique (218-201 av. J.-C.), qui oppose Rome à Carthage, va offrir à Massinissa l'occasion de transformer cette compétition tribale en un projet d'unification monarchique.

Sources antiques

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La connaissance que nous avons de Massinissa repose principalement sur des textes grecs et latins postérieurs à son règne. Le récit le plus complet est celui de Tite-Live, dont les livres XXIV à XLV de l'Histoire romaine couvrent largement la deuxième guerre punique et les démêlés numido-carthaginois[3]. Polybe, contemporain et ami de Scipion Émilien, offre dans ses Histoires un témoignage de première main, en particulier dans le livre IX et dans les fragments du livre XXXVI où il évoque la vieillesse exceptionnelle du roi[4]. Appien consacre à Massinissa de longs développements dans son Libyca, tandis que Salluste, dans la Guerre de Jugurtha, revient sur l'origine de la dynastie qu'il a fondée[5]. Diodore de Sicile, Strabon, Plutarque et Valère Maxime complètent ce dossier par des notices ponctuelles. À ces sources littéraires s'ajoutent les inscriptions néopuniques de Dougga, les monnaies royales numides et les vestiges archéologiques de Cirta et du mausolée d'El-Khroub[6].

Origines et jeunesse

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Buste présumé de Massinissa, musée du Bardo (Tunis).

Massinissa naît vers 238 av. J.-C., probablement dans la région de Cirta, au cœur du territoire massyle. Son nom, transcrit Masinissan en libyque et MSNSN dans les inscriptions néopuniques, signifierait « le seigneur » ou « celui qui appartient au seigneur »[7]. Il est le fils du roi Gaïa et appartient à la dynastie qui régnait alors sur les Massyles depuis plusieurs générations.

Conformément à la coutume des élites numides alliées de Carthage, le jeune prince est envoyé dans la cité punique pour y recevoir une éducation aristocratique. Il y apprend probablement le grec et le punique, et y fréquente la haute société carthaginoise. C'est dans ce milieu qu'il aurait été fiancé à Sophonisbe, fille du général carthaginois Hasdrubal Gisco[8]. Ce séjour formateur fait de lui un acteur familier des codes politiques et militaires méditerranéens, atout décisif pour la suite de sa carrière.


Peinture du roi Massinissa par Pierre de Cortone, galerie Palatine, musée de Florence (Italie).

Période de la deuxième guerre punique

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Scipion l'Africain libérant Massiva (frère de Massinissa)
Giambattista Tiepolo
Walters Art Museum, Baltimore[9].
La Numidie des Massyles et des Massæsyles avant l'unification par le roi Massinissa.

Durant la deuxième guerre punique, Rome cherche à se faire des alliés en Afrique du Nord tandis que Syphax, roi des Massæsyles en Numidie occidentale, revendique les territoires de la Numidie orientale, dirigée par Gaïa, roi des Massyles.

Syphax accepte trois centuries romaines et se tourne contre Carthage qui prend le parti de Gaïa, en échange de cinq mille cavaliers numides. Ceux-ci sont placés sous le commandement du jeune Massinissa, âgé de vingt-cinq ans, à partir de 212 ou  ; avec son ami Laminius, Massinissa rejoint les troupes carthaginoises en Espagne jusqu'à l'automne [10] Il remporte une victoire décisive contre Syphax et mène avec succès une campagne de guérilla contre les Romains en Hispanie.

Les Carthaginois, battus à Ilipa, finissent par perdre leurs possessions en mer Méditerranée. Scipion l'Africain, commandant l'armée romaine en Hispanie, songeant à porter la guerre en Afrique et à s'assurer le soutien des royaumes numides, gagne à partir de l'amitié de Massinissa, avec lequel il passe un accord secret à l'automne de cette même année[11] ; puis il débarque en Afrique pour tenter de convaincre Syphax de rester au sein de l'alliance romaine. Mais celui-ci, ayant eu connaissance de l'accord avec Massinissa, préfère se rapprocher de Carthage.

Accession au trône

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À la mort de Gaïa en 206 av. J.-C., son frère Oezalcès (Oulzacen) lui succède. Marié à une Carthaginoise, nièce d'Hannibal, il bénéficie de l'appui des Carthaginois contre ses voisins et ses vassaux turbulents. Mais Oezalcès meurt et Capussa monte sur le trône.

Capussa est immédiatement contesté par Meztul, son cousin, issu de la faction rivale de la branche régnante. Meztul obtient des armes et des renforts de Syphax et s'attaque aux forces de Capussa. Le combat entre les deux clans donne la victoire à Meztul. Capussa étant mort en pleine bataille, Meztul s'empare du pouvoir pour placer sur le trône Lacumazès, alors que, selon la tradition, le trône revenait à Massinissa.

Carthage, approuvant cette usurpation, scelle son alliance avec Meztul et lui donne pour épouse la veuve d'Oezalcès.

Massinissa apprend ces événements alors qu'il est en Espagne ; il décide en -206 de quitter Gadès pour la Maurétanie, et, craignant les représailles de Syphax, allié de son cousin, demande l'aide de Baga, roi des Maures. Celui-ci lui offre une escorte de 4 000 hommes, qui l'accompagne jusqu'aux limites de ses terres. Après avoir rassemblé 500 cavaliers parmi les siens et les fidèles partisans de la famille, Massinissa s'attaque à ses adversaires.

Lacumazès, quittant Thapsus (actuelle Tunisie), siège de son gouvernement, pour se rendre à Cirta afin de présenter ses hommages à Syphax, est surpris par Massinissa dans un défilé non loin de la ville. Vaincu dans cette embuscade, Lacumazès parvient à prendre la fuite et à rejoindre Cirta. Cette victoire vaut à Massinissa un afflux de partisans qui lui permettent de consolider sa position. Lacumazès et Meztul rassemblent des hommes de leur clan, obtiennent l'aide de Syphax et reviennent à la charge avec 15 000 fantassins et 10 000 cavaliers. Malgré un nombre d'hommes bien moindre, Massinissa est de nouveau victorieux. Battus, abandonnés par les leurs, Lacumazès et Meztul se réfugient à Carthage, chez leurs beaux-parents.

Massinissa occupe alors Thapsus, qui devient la capitale des Massyles. Afin de renforcer son pouvoir, il mène une lutte efficace contre Carthage et prône l'union de tous les Numides. Il propose à Lacumazès et Meztul de leur rendre leur bien et la considération due à leur rang s'ils reviennent dans leur patrie. Ceux-ci, rassurés quant à la sincérité de leur cousin, quittent Carthage et le rejoignent.

Ce regroupement des forces numides inquiète les suffètes qui dépêchent alors Hasdrubal Gisco auprès de Syphax pour le persuader du danger que représente désormais un tel voisin. Syphax prétexte alors une vieille querelle concernant des territoires qu'il avait autrefois disputés à Gaïa, pour attaquer Massinissa et le contraindre à épuiser ses faibles moyens. Massinissa accepte le combat, son armée est mise en déroute et Syphax s'approprie alors une partie du Royaume massyle.

Pièce d'argent avec un portrait de Massinissa sur la face et un cheval sur le revers.

Réfugié dans les montagnes avec une poignée de fidèles, Massinissa connaît une vie de proscrit. Il n'en continue pas moins de harceler ses ennemis par des raids organisés contre les campagnes carthaginoises. Les hommes de Syphax ne réussissent pas à venir à bout de lui. L'insécurité qu'il fait peser sur les colons et sa popularité croissante en Numidie, préoccupent grandement les suffètes carthaginois. Des expéditions contre Massinissa sont organisées ; un moment, on le croit mort. Mais une fois ses plaies cicatrisées, Massinissa revient à la charge et marche à nouveau contre Syphax. Peu à peu, ses compatriotes le reconnaissent, l'assurent de leur allégeance et lui offrent les moyens dont il manque.

Son royaume récupéré, Massinissa s'en prend aux territoires voisins. Les colons carthaginois, pour se défendre, se lient avec les Massæsyles et rassemblent une grande armée contre les Massyles. Syphax est à la tête d'un vaste royaume et sa guerre victorieuse contre Massinissa lui procure un supplément de prestige. Il épouse la belle Sophonisbe et lui accorde comme dot les territoires qu'il a pris à Gaïa. Tout cela se déroule en , moins d'un an après le retour d'Espagne de Massinissa.

Intervention romaine en Afrique

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Mur central représentant Sophonisbe demandant l'aide de Massinissa.

Scipion, décidé à en finir avec Carthage, débarque en Afrique. Le rusé Romain essaye encore d'attirer Syphax qui rejette une nouvelle fois l'alliance proposée. Il se tourne alors vers Massinissa avec qui il remporte les premiers combats. Les nouveaux alliés, encouragés par leurs succès, assiègent Utique, place forte carthaginoise, mais l'intervention de Syphax les oblige à se retirer. Ils prennent leurs quartiers d'hiver et Scipion entre de nouveau en contact avec Syphax. Faute de pouvoir le détacher des Carthaginois, il lui demande d'intervenir pour mettre fin au conflit entre Rome et Carthage. Syphax propose que les Carthaginois évacuent l'Italie, où ils sont en campagne, en échange de quoi les Romains quitteraient l'Afrique. Si le général Hasdrubal, qui commande les Carthaginois, accepte l'offre, Scipion, qui veut en réalité la reddition pure et simple de la cité punique, la rejette.

Sophonisbe reçevant la coupe empoisonnée. Tableau de Simon Vouet, vers 1626.
Massinissa pleure la mort de Sophonisbe.

Massinissa et Scipion l'Africain reprennent leurs attaques, obligeant cette fois-ci les troupes puniques à se replier sur Carthage. Syphax, lui, ne voulant pas perdre plus d'hommes, se retire dans son royaume. Les Carthaginois, comprenant que les Romains ne leur laisseront pas de répit, décident, après avoir adopté une attitude défensive, de passer à l'offensive. Ils lèvent une forte armée de mercenaires qui, rejointe par celle de Syphax, tente de débloquer la cité. C'est la bataille des Grandes Plaines () qui s'achève par la victoire des forces coalisées de Massinissa et de Scipion.

Suit un répit au cours duquel chaque camp reconstitue ses troupes, puis la guerre reprend. Un combat s'engage entre Massinissa et Syphax, et ce dernier, entouré par de nombreux soldats, est sur le point de l'emporter, quand l'armée romaine intervient. Jeté à terre, Syphax est capturé. On l'enchaîne et on le conduit sous les murs de Cirta qui, voyant son roi en piteux état, décide de se rendre. Massinissa, après plusieurs années d'errance, peut ainsi reprendre le royaume de ses pères. Il se rend aussitôt au palais où il retrouve Sophonisbe, épouse de Syphax et fille d'Hasdrubal Gisco (qui, d'après Appien, lui avait été auparavant promise) et l'épouse sur le champ. Mais Scipion désapprouve ce mariage hâtif avec une femme qu'il considère comme faisant partie du tribut de guerre. La reine, préférant la mort plutôt que la captivité, se suicide par le poison. Les auteurs anciens (Tite-Live, Appien) rapportent que Massinissa lui aurait fait parvenir la coupe de poison.

Carthage, vaincue, est obligée de signer une paix qui la prive d'une grande partie de ses territoires et de sa flotte. Le retour d'Hannibal, qui a mis fin à la campagne d'Italie, suscite les espoirs de la cité. Un incident rompt bientôt la paix et la guerre reprend.

Guerre contre Hannibal

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Scène imaginaire, Scipion auprès de Massinissa sur son lit de mort, lithographie d'A.C. Weatherstone.

Hannibal s'allie à Vermina, le fils et successeur de Syphax et, ensemble, ils envahissent le royaume des Massyles. Massinissa et Scipion les affrontent à Zama et une grande bataille s'engage le 19 octobre . Le choc est rude et il y a de nombreuses pertes des deux côtés, puis la bataille tourne à l'avantage de Massinissa et de Scipion. Carthage est de nouveau contrainte à négocier. Le précédent traité est révisé et la cité punique doit restituer à Massinissa tous les territoires qui avaient été arrachés à ses ancêtres.

Personnage et son œuvre

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Appien dit de lui que[12] :

« c'était un homme de haute taille, plein d'une grande vigueur, même dans son extrême vieillesse, et qui jusqu'à sa mort prit part aux combats, montant à cheval sans l'aide d'un écuyer. »

 Appien, Histoire romaine

Massinissa eut plusieurs épouses et un nombre considérable d'enfants dont quarante-trois garçons ; parmi ses nombreuses filles, plusieurs furent mariées à des nobles carthaginois. La plupart des enfants de Massinissa disparurent avant lui mais il en resta, à sa mort, une dizaine (Mikusan dit Micipsa, Gulussa, Mastanabal, Masucan…). Massinissa adorait les enfants et il garda durant plusieurs années auprès de lui certains de ses petits-enfants. Bien qu'il fût un rude guerrier, il encouragea la littérature et les arts, envoya ses enfants étudier en Grèce et reçut à sa cour de nombreux écrivains et artistes étrangers. Ce fut un homme courageux et un roi généreux (pardon accordé à Lacumazès et Meztul, protection accordée à Sophonisbe).

Après la bataille de Zama, Massinissa vécut encore de nombreuses années. Il resta pendant toute sa vie l'ami de Rome sans jamais être son vassal. Son très fort lien personnel avec Scipion l'Africain Maior († 183) traversa les générations : il s'étendit au fils de celui-ci, Scipion l'Africain Minor († 170) et au cousin ainsi que fils adoptif de ce dernier, Scipion Émilien († 129)[13].

Le roi numide récupéra non seulement les territoires que lui accordait le traité passé avec Carthage, mais aussi de nombreuses villes et régions sous l'autorité des Carthaginois ou de Vermina, le fils de Syphax. De 174 à 172, il occupa soixante-dix villes et forts.

Si Massinissa combattit les Carthaginois, il ne dédaigna pas pour autant la civilisation carthaginoise, dont il sut tirer avantage. La langue punique fut d'usage courant dans sa capitale où l'on parlait également, en plus du berbère, les langues grecque et latine. Il savait aussi se comporter en souverain raffiné, portant de riches vêtements et une couronne sur la tête, donnant, dans son palais de Cirta, des banquets où les tables étaient chargées de vaisselle d'or et d'argent et où se produisaient des musiciens venus de Grèce.

L'œuvre sociale et politique de Massinissa fut aussi grande que son œuvre militaire. Il sédentarisa les Numides, édifia un État puissant et le dota d'institutions inspirées de celles de Rome et de Carthage. Il fit frapper une monnaie nationale et entretint une armée régulière et une flotte qu'il mit parfois au service de ses alliés romains. Ce fut un grand souverain qui s'efforça toute sa vie de faire de la Numidie un pays unifié et indépendant.

Fin de Massinissa

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Soumaâ du Khroub, Tombeau de Massinissa, à El Khroub, près de Constantine.

Massinissa fut célèbre dans tous les pays de la Méditerranée et selon Jean Hatzfeld et Pierre Roussel, Nicomède II, roi de Bithynie fit ériger un monument en l'honneur de Massinissa et de ses fils sur l'île de Délos[14].

Vers la fin de sa vie, il projeta de s'emparer de Carthage pour en faire sa capitale. Les Romains, qui redoutaient qu'il n'acquière une puissance encore plus grande que celle des Carthaginois et qu'il ne se retourne contre eux, étaient opposés à ce dessein.

En revendiquant la région agricole des Grandes Plaines (153 av. J.-C.), il provoque les Carthaginois qui réagissent en prenant les armes. Malgré son âge avancé (88 ans), il participe au siège d'Oroscopa ()[15]. Ce fut de nouveau la guerre en Afrique et, après d'âpres combats, Carthage fut livrée aux flammes, puis au pillage. Les survivants furent réduits en esclavage et la ville fut entièrement rasée (). Massinissa, mort quelque temps plus tôt, n'assista pas à la chute de la ville convoitée. Ses sujets, qui l'aimaient, lui dressèrent un mausolée, non loin de Cirta, aujourd'hui Constantine (Algérie), sa capitale, et un temple à Thougga, l'actuelle Dougga, en Tunisie.


Politique intérieure et œuvre du règne

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Unification de la Numidie

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La Numidie unifiée sous Massinissa après 203 av. J.-C.

La victoire romaine à Zama (202 av. J.-C.) permet à Massinissa de s'imposer comme seul roi des Numides. Au traité de paix de 201, Rome lui restitue les territoires ancestraux et reconnaît sa souveraineté sur l'ensemble de la Numidie, désormais étendue de la Moulouya à la frontière du territoire carthaginois[16]. Ce vaste royaume, à cheval sur les actuels Algérie, Tunisie et nord du Maroc oriental, est l'un des plus puissants de la Méditerranée occidentale au IIe siècle av. J.-C..

Massinissa fait de Cirta (actuelle Constantine) la capitale du royaume. Il y développe une cour, une administration et une chancellerie qui empruntent aux modèles puniques et hellénistiques tout en s'appuyant sur les structures tribales numides[17].

Sédentarisation et politique agraire

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La tradition antique attribue à Massinissa la transformation des Numides, jusque-là perçus comme un peuple de pasteurs nomades, en cultivateurs sédentaires. Strabon résume ce changement par une formule restée célèbre : selon lui, le roi aurait « fait des Numides un peuple urbain et agriculteur »[18]. La réalité est plus nuancée : l'agriculture céréalière existait depuis longtemps dans les plaines numides, mais Massinissa l'encourage activement par la distribution de terres, la fondation de bourgades et la mise en valeur de domaines royaux[19].

Le royaume devient un grenier à blé recherché : Tite-Live mentionne d'importantes livraisons de céréales aux armées romaines opérant en Macédoine et en Grèce durant les guerres macédoniennes et la troisième guerre punique[20]. Cette prospérité agricole soutient la construction d'une véritable économie monétaire et finance l'armée royale.

Armée et organisation militaire

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Cavalier numide, relief funéraire ; la cavalerie légère numide, héritée de Massinissa, fut longtemps l'une des plus redoutées de la Méditerranée.

Massinissa hérite et perfectionne la tradition de la cavalerie légère numide, célèbre depuis les guerres puniques pour sa rapidité et sa maîtrise du harcèlement. Il y ajoute une infanterie organisée à la manière hellénistique, équipée à la grecque ou à la romaine selon les unités, et probablement quelques éléphants de guerre, comme en témoignent certaines monnaies royales[21]. Cette armée mixte, financée par les revenus agricoles et les tributs, lui permet de mener pendant un demi-siècle des opérations contre Carthage et ses voisins.

Économie, monnaie et urbanisme

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Bronze de Massinissa : tête laurée du roi à gauche, cheval au galop au revers (atelier de Cirta).

Le règne voit la généralisation de la frappe monétaire numide. Les ateliers de Cirta et probablement d'Hippo Regius émettent des bronzes à l'effigie du roi, barbu, ceint d'un diadème ou d'une couronne de laurier, accompagné au revers d'un cheval au galop, emblème dynastique des Massyles[22]. Ces monnaies, longtemps considérées comme un simple décalque des modèles puniques, sont aujourd'hui reconnues comme l'expression d'une véritable iconographie royale numide.

Sur le plan urbain, Massinissa favorise le développement de Cirta, qui devient une véritable capitale pourvue de fortifications, d'édifices publics et d'une garnison permanente. D'autres villes, comme Hippone, Bulla Regia et Thugga (l'actuelle Dougga), reçoivent des aménagements significatifs. À Dougga, l'inscription bilingue libyque et punique, datée de 139 av. J.-C., mentionne explicitement la mémoire de Massinissa et atteste l'existence d'institutions municipales numides inspirées du modèle punique[23].

Hellénisation et politique culturelle

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Vestiges de Délos, île grecque où Massinissa fit ériger des statues honorifiques.

Massinissa cherche à faire reconnaître son royaume comme un acteur à part entière du monde hellénistique. Il entretient des liens diplomatiques avec Athènes, Rhodes et Délos, où des inscriptions honorifiques mentionnent ses fils et lui-même comme bienfaiteurs[24]. Il envoie ses enfants suivre une éducation grecque et accueille à sa cour philosophes, artistes et techniciens venus du monde égéen.

Cette politique se traduit également par des dédicaces religieuses. Plusieurs inscriptions grecques retrouvées à Délos honorent Massinissa et son fils Micipsa comme « grands rois » et bienfaiteurs des Hellènes, ce qui témoigne de l'intégration de la Numidie au réseau diplomatique hellénistique[25]. Le roi soutient parallèlement le culte traditionnel berbère, en particulier celui des Dii Mauri et des ancêtres dynastiques.

Relations avec Rome et Carthage

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L'alliance avec Rome

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Massinissa demeure tout au long de son règne un allié fidèle de Rome, statut qu'il met à profit pour grignoter méthodiquement le territoire carthaginois. Tite-Live et Appien rapportent une longue série de conflits frontaliers : occupation des Emporia (région de la Petite Syrte), du pays des Grands Champs, de la plaine de Souk el-Khémis, et de soixante-dix bourgades dont la possession est contestée à plusieurs reprises devant le sénat romain[26]. À chaque commission d'arbitrage envoyée d'Italie, Rome donne raison au roi numide ou diffère sa décision, contribuant à l'étranglement progressif de Carthage.

L'étincelle de la troisième guerre punique

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La pression numide finit par contraindre Carthage à prendre les armes en 150 av. J.-C., en violation du traité de 201 qui lui interdisait toute guerre sans l'autorisation romaine. La défaite carthaginoise contre Massinissa, près d'Oroscopa, offre à Rome — et particulièrement au parti de Caton l'Ancien — le casus belli attendu : la Troisième guerre punique s'ouvre en 149 av. J.-C., quelques mois avant la mort de Massinissa[27]. Le roi numide, vieillissant, voit ainsi se réaliser, sans qu'il en ait peut-être souhaité l'aboutissement, l'effacement de sa rivale séculaire.

Famille et descendance

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Massinissa eut une nombreuse postérité, évaluée à plusieurs dizaines d'enfants par les sources antiques. Trois de ses fils, Micipsa, Gulussa et Mastanabal, se partagent à sa mort la direction du royaume sur arbitrage de Scipion Émilien : à Micipsa la capitale et l'administration, à Gulussa l'armée, à Mastanabal la justice[28]. Cette tripartition, originale dans l'histoire des monarchies antiques, traduit autant la prudence romaine que la complexité de l'héritage massylien.

De Mastanabal naîtra Jugurtha, dont la révolte contre Rome à la fin du IIe siècle av. J.-C. prolonge tragiquement la mémoire de son grand-père. La dynastie massylienne se perpétue jusqu'à Juba Ier et Juba II, puis s'éteint avec Ptolémée de Maurétanie sous le règne de Caligula.

Mort, funérailles et sépulture

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Le mausolée d'El-Khroub, identifié par certains chercheurs comme la sépulture de Massinissa.

Massinissa meurt à Cirta à l'âge exceptionnel d'environ 90 ans, en 148 av. J.-C., laissant son royaume à ses trois fils. Polybe, qui le rencontra dans sa vieillesse, souligne la vigueur étonnante du vieux roi, encore capable selon lui de monter à cheval et de combattre à la tête de ses troupes peu avant sa mort[29].

Le mausolée monumental d'El-Khroub, à une dizaine de kilomètres au sud de Constantine, est traditionnellement identifié comme sa sépulture, bien que cette attribution reste discutée par les archéologues, certains y voyant plutôt le tombeau de Micipsa[30]. La structure, à plan carré et superposition de tambours, témoigne de la pénétration des modèles funéraires hellénistiques dans la haute aristocratie numide.

Postérité et mémoire

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Dans l'Antiquité

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La figure de Massinissa fascine les écrivains gréco-romains. Cicéron place dans le Songe de Scipion une évocation émue du vieux roi, présenté comme un modèle de longévité, de piété et de fidélité à l'amitié romaine[31]. Valère Maxime cite plusieurs anecdotes destinées à illustrer sa frugalité et sa robustesse physique[32].

Dans la culture moderne

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Massinissa et Sophonisbe, tableau de Pierre de Cortone, 1641-1642.

L'épisode tragique de Sophonisbe et de la coupe empoisonnée a inspiré, dès la Renaissance, une riche tradition littéraire et artistique. La tragédie Sofonisba de Gian Giorgio Trissino (1515) est considérée comme la première tragédie régulière en italien. Au XVIIe siècle, Pierre Corneille consacre à l'épisode sa pièce Sophonisbe (1663). Le sujet inspire ensuite des tableaux de Pierre de Cortone, Giambattista Tiepolo, Simon Vouet et Paolo Finoglia, et de nombreux opéras au XVIIIe siècle, dont ceux de Caldara, Gluck et Paisiello.

Dans le Maghreb contemporain

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Aux XXe et XXIe siècles, Massinissa est érigé en figure tutélaire de l'identité berbère et nord-africaine. Son nom est porté par de nombreuses institutions, écoles, rues et associations en Algérie, en Tunisie et au Maroc. Il est régulièrement invoqué dans les débats sur l'antériorité berbère du Maghreb et la continuité historique entre Numidie antique et États maghrébins modernes[33]. Une devise prêtée par la tradition au roi — « l'Afrique aux Africains » — n'apparaît dans aucune source antique mais s'est imposée dans l'imaginaire militant moderne.

Iconographie

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Scipion l'Africain libérant Massiva, Giambattista Tiepolo (vers 1719-1721).

Aucun portrait sculpté assuré de Massinissa n'est parvenu jusqu'à nous. Plusieurs bustes, conservés au musée du Bardo et au musée des Antiquités d'Alger, lui sont attribués sans certitude. Les seules images de son vivant qui nous soient parvenues sont les effigies monétaires : tête barbue à la chevelure bouclée, ceinte du diadème royal, dans un style empruntant à la fois aux portraits hellénistiques et à la tradition punique[34].

À l'époque moderne, l'iconographie est dominée par les épisodes de sa biographie : la rencontre avec Sophonisbe, la libération de Massiva par Scipion, la rencontre avec Scipion Émilien sur le lit de mort. Ces scènes, multipliées dans la peinture européenne du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle, contribuent à fixer durablement l'image d'un roi tragique, fidèle ami de Rome et amant infortuné.


Religion et idéologie royale

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Le mausolée libyco-punique de Dougga, édifié sous le règne de Massinissa pour un dignitaire numide.

La cour de Massinissa développe une véritable idéologie monarchique, mêlant traditions berbères, héritage punique et emprunts hellénistiques. Le roi se présente sur ses monnaies barbu, diadémé et parfois lauré, à la manière des souverains hellénistiques contemporains comme Antiochos III ou Philippe V de Macédoine. Les inscriptions néopuniques de Dougga le qualifient de hmmlkt le roi »), titre qui fait écho aux usages puniques tout en exprimant la souveraineté numide[35].

Sur le plan religieux, Massinissa entretient les cultes traditionnels berbères, notamment celui des ancêtres royaux et des Dii Mauri, tout en favorisant la pénétration de divinités puniques comme Baal Hammon et Tanit, dont les sanctuaires se multiplient en Numidie au IIe siècle av. J.-C.. Les contacts avec le monde grec se traduisent également par l'introduction de cultes hellénistiques à la cour, sans qu'il soit possible d'évaluer leur véritable diffusion populaire.

Historiographie

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La figure de Massinissa a connu d'importantes fluctuations dans l'historiographie moderne. L'école coloniale française du début du XXe siècle, représentée par Stéphane Gsell, voit en lui un précurseur de la « civilisation » méditerranéenne au Maghreb, jugement marqué par les présupposés de son temps[36]. À partir des années 1960, l'œuvre de Gabriel Camps renouvelle profondément le sujet en réinscrivant Massinissa dans une histoire propre des sociétés berbères, indépendamment du regard romain.

Plus récemment, les travaux de Jacques Alexandropoulos sur les monnaies, de Yann Le Bohec sur l'armée et de Virginie Bridoux sur l'archéologie de la Numidie centrale ont enrichi la connaissance de son règne, en s'appuyant davantage sur les sources matérielles et moins exclusivement sur les textes gréco-romains[37]. Les historiens maghrébins contemporains, comme Mohamed Hassine Fantar ou Mhamed Hassine Fantar, insistent quant à eux sur la continuité entre Numidie antique et identités nationales modernes.


Massinissa et la mémoire berbère

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Le drapeau amazigh, emblème contemporain d'une identité dont Massinissa est l'une des figures fondatrices.

Au-delà de l'historiographie savante, Massinissa occupe une place singulière dans la mémoire culturelle du Maghreb et plus largement dans le mouvement amazigh. Plusieurs poètes, romanciers et chanteurs kabyles, du XXe siècle à aujourd'hui, ont fait de lui l'incarnation d'une souveraineté nord-africaine antérieure à la conquête romaine, à l'islamisation et aux États-nations modernes. Le chanteur algérien Aït Menguellet et l'écrivain Kateb Yacine l'évoquent l'un et l'autre comme une figure tutélaire d'une histoire longue et propre du peuple amazigh.

Plusieurs établissements scolaires et universitaires, notamment l'université Massinissa de Souk Ahras (Algérie) et de nombreux lycées et collèges en Algérie, au Maroc et en Tunisie, portent son nom. Des associations culturelles berbères ont également adopté son patronyme, à l'image du Centre culturel Massinissa créé à Tizi Ouzou dans les années 2000.

Chronologie sommaire

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  • vers 238 av. J.-C. : naissance, probablement en pays massyle.
  • vers 220 av. J.-C. : éducation à Carthage ; fiançailles supposées avec Sophonisbe.
  • 213-206 av. J.-C. : campagnes en Hispanie aux côtés des Carthaginois durant la deuxième guerre punique.
  • 206 av. J.-C. : ralliement à Scipion l'Africain après la bataille d'Ilipa.
  • vers 206-204 av. J.-C. : mort de son père Gaïa ; lutte pour la succession contre Syphax.
  • 203 av. J.-C. : victoire des Grandes Plaines contre Syphax et Hasdrubal ; mariage et mort de Sophonisbe.
  • 202 av. J.-C. : participation décisive à la bataille de Zama aux côtés de Scipion.
  • 201 av. J.-C. : reconnaissance par Rome comme roi de toute la Numidie.
  • 201-150 av. J.-C. : règne marqué par les empiètements progressifs sur le territoire carthaginois.
  • 150 av. J.-C. : bataille d'Oroscopa ; Carthage prend les armes en violation du traité.
  • 149 av. J.-C. : déclenchement de la troisième guerre punique.
  • 148 av. J.-C. : mort de Massinissa à Cirta ; partage du royaume entre Micipsa, Gulussa et Mastanabal.


Notes et références

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  1. Stéphane Gsell, Histoire ancienne de l'Afrique du Nord, t. III, Paris, Hachette, , p. 178-185
  2. Gabriel Camps, « Massinissa ou les débuts de l'histoire », Libyca, vol. 8, , p. 1-320
  3. Tite-Live, Histoire romaine, livres XXIV-XXX et XL-XLV.
  4. Polybe, Histoires, IX, 25 ; XXXVI, 16.
  5. Salluste, Bellum Jugurthinum, 5 ; Appien, Libyca, 10-106.
  6. André Berthier, La Numidie. Rome et le Maghreb, Paris, Picard,
  7. Gabriel Camps, Berbères. Aux marges de l'histoire, Toulouse, Éditions des Hespérides, , p. 145-150
  8. Tite-Live, XXIX, 23 ; Appien, Libyca, 10.
  9. (en) « Scipio Africanus Freeing Massiva », sur The Walters Art Museum (consulté le ).
  10. Mustapha Harzoune, « Marie-France Briselance, Massinissa le berbère », Hommes & Migrations, vol. 1145, no 1, , p. 70 (lire en ligne, consulté le )
  11. Tite-Live, XXVIII, 35, 12 : Fide data acceptaque...
  12. Appien (trad. Paul Goukowski), Histoire romaine, vol. 8 : Le Livre africain, Belles Lettres, coll. « Budé », , 494 p. (ISBN 2-251-00494-7), p. 94
  13. Cicéron, dans le De re publica (VI, 9, 1), fait évoquer par Scipion Émilien un entretien censé avoir eu lieu en 149 (l'année précédant la mort du vieux roi numide), chez Massinissa lui-même, et où était présent Émilien, qui prononce ces mots : « le roi Massinissa, lié de la plus vive amitié à notre famille, pour des raisons légitimes » (... Masinissam regem, familiae nostrae amicissimum iustis de causis).
  14. Jean Hatzfeld et Pierre Roussel, « Fouilles de Délos, exécutées aux frais de M. le Duc de Loubat. Inscriptions », Bulletin de Correspondance Hellénique, vol. 33, no 1, , p. 484–488 (DOI 10.3406/bch.1909.3224, lire en ligne, consulté le )
  15. Christine Hamdoune, « Massinissa, l'ami des Romains », L'Histoire, , p. 20-21.
  16. Tite-Live, XXX, 44.
  17. Gabriel Camps, L'Afrique du Nord au féminin, Perrin,
  18. Strabon, Géographie, XVII, 3, 15.
  19. Pierre Salama, « Massinissa, le grand roi numide », L'Histoire, no 229,
  20. Tite-Live, XLIII, 6 ; XLV, 14.
  21. Jehan Desanges, Catalogue des tribus africaines de l'Antiquité classique à l'ouest du Nil, Dakar, Université de Dakar,
  22. Jacques Alexandropoulos, Les monnaies de l'Afrique antique (400 av. J.-C. - 40 ap. J.-C.), Toulouse, Presses universitaires du Mirail,
  23. Lionel Galand, « L'inscription libyque de Dougga », Bulletin archéologique du CTHS,
  24. Pierre Roussel, Délos colonie athénienne, De Boccard, , p. 18-22.
  25. Inscriptions de Délos, IG XI 4, 1116 ; ID 1577.
  26. Appien, Libyca, 67-68 ; Tite-Live, XL, 17 et XLII, 23-24.
  27. Appien, Libyca, 70-74 ; Serge Lancel, Carthage, Fayard,
  28. Appien, Libyca, 105-106 ; Tite-Live, Periochae, 50.
  29. Polybe, Histoires, XXXVI, 16.
  30. Filippo Coarelli et Yvon Thébert, « Architecture funéraire et pouvoir : réflexions sur l'hellénisme numide », MEFRA, vol. 100, , p. 761-818
  31. Cicéron, De Republica, VI, 9 (Songe de Scipion).
  32. Valère Maxime, Faits et dits mémorables, V, 1, ext. 1 ; VIII, 13, ext. 1.
  33. Mohand Tilmatine, La revendication amazighe : entre reconnaissance et négation, Karthala,
  34. François de Callataÿ, L'histoire des guerres mithridatiques vue par les monnaies, Peeters,
  35. Maurice Sznycer, « L'inscription punique de Dougga », Semitica, vol. 22, , p. 25-43
  36. Stéphane Gsell, Histoire ancienne de l'Afrique du Nord, t. V, Paris, Hachette,
  37. Virginie Bridoux, Les royaumes d'Afrique du Nord. Émergence, consolidation et insertion dans les aires d'influence méditerranéennes (203-40 av. J.-C.), Rome, École française de Rome,

Bibliographie

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  • Stéphane Gsell, Histoire ancienne de l'Afrique du Nord, t. III : Histoire militaire de Carthage, Paris, Hachette, .
  • Gabriel Camps, Berbères. Aux marges de l'histoire, Toulouse, Éditions des Hespérides, .
  • Gabriel Camps, « Massinissa ou les débuts de l'histoire », Libyca, vol. 8, , p. 1-320.
  • André Berthier, La Numidie. Rome et le Maghreb, Paris, Picard, .
  • Jacques Alexandropoulos, Les monnaies de l'Afrique antique (400 av. J.-C. - 40 ap. J.-C.), Toulouse, Presses universitaires du Mirail, .
  • Serge Lancel, Carthage, Paris, Fayard, .
  • Yann Le Bohec, Histoire militaire des guerres puniques, Paris, Tallandier, .
  • Pierre Salama, « Massinissa, le grand roi numide », L'Histoire, no 229, , p. 44-49.
  • Filippo Coarelli et Yvon Thébert, « Architecture funéraire et pouvoir : réflexions sur l'hellénisme numide », Mélanges de l'École française de Rome. Antiquité, vol. 100, no 2, , p. 761-818.
  • Jehan Desanges, Catalogue des tribus africaines de l'Antiquité classique à l'ouest du Nil, Dakar, Université de Dakar, .
  • Roland Elissa-Rhais, Massinissa, le « Maître des cités » : épopée africaine, Alger, Entreprise algérienne de presse, 1988.
  • Marie-France Briselance, Massinissa le Berbère, Alger, Éd. Marinoor N. Benferhat ; et Paris, La Table ronde, 1990; ماسينيسا, traduction arabe, Alger, ENAG, 2000 (ISBN 9961-72-052-0) ; Massinissa, Alger, Espace Libre, 2009 (ISBN 978-9961-874-51-6) ; Massinissa le Berbère, Béjaïa, Talantikit, 2012 (ISBN 978-9931-343-54-7).
  • Ahmed Slimani, Massinissa et Yughurtha et leur influence sur l'histoire, trad. de l'arabe par Madani Guesseri, Alger, Dahlab, 1994.
  • (de) Elfriede Storm, Massinissa : Numidien im Aufbruch, Stuttgart, F. Steiner, 2001.
  • Messaoud Nedjahi, Massinissa, le seigneur des coquelicots : en quête d'une identité, Paris, Publibook, 2005.
  • Houaria Kadra-Hadjadji, Massinissa le grand Africain, Paris, éditions Karthala, 2013.

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Articles connexes

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Liens externes

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