メインコンテンツへスキップ
見出し画像

『À l’autre bout du fil』:痛みに言葉を与えること

    拙著『À l’autre bout du fil』の第一稿が、ついに完成しました。現時点では全49章で構成されています。

    フランス語の「fil(糸、線)」という言葉には、多様な響きが含まれています。電話の向こう側から聞こえる声、散歩のときに私たちを繋いでいたリード、過ぎ去る時の糸、そして、肉体的な別れを越えて生き続ける目に見えない絆。私はこのたった一つの言葉に、自分のすべての思いを託しました。

    これらの章は、単に文字で埋められたページではありません。それは人生の断片であり、沈黙から引き剥がさなければならなかった記憶の欠片です。この途方もない作業の次のステップは、入念な推敲です。自分の感情の鋭さを絶対的な忠実さで再現できているか確認するため、すべての文章を一つひとつ見直すつもりです。また、その音楽性を確かめるために、声に出して読んでみます。なぜなら、以前にもお話ししたように、この本を書くことは私にとって長い歌を作曲するようなものだからです。言葉のリズム、息遣い、そして響きこそが、感情を滑らかに伝えるための重要な要素なのです。その後、削ぎ落としの作業が待っています。物語の背骨となる、本当に不可欠なものだけを残す時間です。

    記憶の鏡を通り抜けて

    これらの章を書くことは、濁った水の中へ飛び込むような過酷な試練でした。エリオットが旅立つ前と後の自分の人生に何度も立ち返ることは、なかなか癒えない傷口を再び開くようなものでした。当時のノートを読み返すと、喜びも悲しみも、当時の強さのまま鮮やかに蘇ってきました。この喪失を悼むことの正当性について、他者の無理解に直面することもよくありました。言葉は、その孤独を完全に癒やすことはできなくても、最終的にそれに寄り添ってくれました。

    執筆の日々の中で溺れてしまわないよう、自分自身のバランスをとる方法を学ぶ必要がありました。心が弱っている日は、私たちの幸せだった時間について書くことを選びました。そして、嵐に立ち向かうのに十分な力があると感じたときに、最も暗い章に取り組んだのです。

    実験室としての言語:フランス語が日本語と出会うとき

    最も難しかった課題の一つは、構成のコントロールでした。物語が運命の瞬間に近づくにつれて、テキストは断片化され、削ぎ落とされ、時にはたった一つの単語にまで還元されます。複雑な思考や計り知れない痛みを一つの単語に集約することは、フランス語においては不自然な試みです。なぜならフランス語は、本来、主語、動詞、補語を必要とする言語だからです。

    ここで、私が学んできた日本語が大きな助けとなりました。極限まで言葉を切り詰めながらも多くを語る力を持つ言語への没入は、フランス語のルールを打ち破るために必要な自由を私に与えてくれました。そして、完全な暗闇の中で一筋の光として機能する「ふさわしい言葉」を見つけ出すことができたのです。

    ほろ苦い感情

    今、私は誇りと憂鬱が入り交じった感情を抱いています。この困難な作業を最後までやり遂げ、混沌に形を与えたことへの誇り。そして痛みは、言葉にされたとはいえ、行間に潜みながら今もそこに存在しています。

    それでも、歩んできた道を振り返ると、当初の目的を思い出します。私がこの砂漠を歩いていたとき、自分の心に響き、この愛と喪失が異常なことではないと教えてくれる本には決して出会えませんでした。もし私の物語が、たった一人にでも届き、痛みが存在し尊重されるために「正当性」など必要ないのだと確認してもらえるなら、私は自分の使命の最も重要な部分を果たしたことになります。

    つづく。


    (以下は、私が執筆したフランス語の原文です)

    « À l’autre bout du fil » : mettre des mots sur la douleur


    Le premier jet de mon livre, À l’autre bout du fil, est enfin terminé. Il se compose, pour l’instant, de 49 chapitres.

    Dans la langue française, le mot « fil » porte en lui une multitude de résonances : la voix à l'autre bout du téléphone, la laisse qui nous reliait lors de nos promenades, le fil du temps qui passe, et enfin ce lien invisible qui survit à la séparation physique. C’est à ce seul mot que j'ai confié l'ensemble de mes pensées.

    Ces chapitres ne sont pas de simples pages noircies ; ce sont des fragments de vie, des lambeaux de mémoire que j’ai dû arracher au silence. La prochaine étape de ce travail titanesque sera la relecture minutieuse. Je vais reprendre chaque texte pour m'assurer qu'il retranscrive avec une fidélité absolue l'acuité de mes sentiments. Je vais les lire à voix haute, pour tester leur musicalité. Car, comme je l’ai dit précédemment, écrire ce livre est pour moi comme composer une longue chanson : le rythme, le souffle et la sonorité des mots sont les vecteurs essentiels de la fluidité émotionnelle.

    Ensuite, viendra le temps de l’élagage, celui de ne garder que ce qui est vital, ce qui porte en soi la colonne vertébrale du récit.

    Traverser le miroir de la mémoire

    Écrire ces chapitres a été une épreuve de force, une plongée dans des eaux troubles. Retourner sans cesse dans ma vie d'avant et d'après le départ d'Eliott a rouvert des plaies qui peinent à cicatriser. En relisant mon carnet de l'époque, les joies et les peines ont refait surface avec une intensité intacte.

    J’ai souvent dû affronter l’incompréhension des autres sur la légitimité de ce deuil, une solitude que les mots ont fini par accompagner, sinon apaiser.

    Pour ne pas sombrer lors de ces journées de rédaction, j’ai dû apprendre à gérer mon propre équilibre : les jours de faiblesse, je choisissais d'écrire sur nos moments de bonheur. Lorsque je me sentais assez solide pour affronter la tempête, je m'attelais aux chapitres les plus sombres.

    La langue comme laboratoire : quand le français rencontre le japonais

    L'un des défis les plus complexes a été la maîtrise de la structure. Plus le récit s'approche de l'instant fatal, plus le texte se fragmente, se dépouille, jusqu'à se réduire parfois à un seul mot. Résumer une pensée complexe ou une douleur immense par un mot unique est un exercice contre-nature en français — une langue qui, par définition, exige sujet, verbe et complément pour se déployer.

    C'est ici que mes études de japonais m'ont été d'un secours précieux. Cette immersion dans une langue qui possède la capacité de dire beaucoup avec une économie de moyens radicale, m'a offert la liberté nécessaire pour briser les codes du français et trouver le mot « juste », celui qui fait office de trait de lumière dans une obscurité totale.

    Un sentiment doux-amer

    Aujourd'hui, je ressens un mélange de fierté et de mélancolie. La fierté d'être allé jusqu'au bout de cet effort, d'avoir donné un corps à ce chaos. La douleur, bien que mise en mots, est toujours là, nichée entre les lignes.
    Pourtant, si je regarde le chemin parcouru, je me souviens de ma quête initiale : quand j'ai traversé ce désert, je n'ai jamais trouvé le livre qui parlait à mon cœur, celui qui me dirait que cet amour et ce deuil ne sont pas des anomalies. Si mon récit parvient à ne serait-ce qu'une seule personne, si elle y trouve la confirmation que la souffrance n'a pas besoin de "légitimité" pour exister et être respectée, alors j'aurai accompli l'essentiel de ma mission.

    À suivre.


     
     
    ブルターニュ在住のエドモンです🇫🇷大学で日本言語文化を学び2003年ワーホリ来日。 スペイン🇪🇸9年、計23年の講師歴があります。 現在は地元からオンラインで6000回超の指導。 教科書にはない、温度のある「生きたフランス語」を大切にしています。 どうぞよろしくお願いします。✨

    あなたへのおすすめ