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なぜ私はEliottについての小説を書くことに決めたのか:『À l’autre bout du fil』

    この本の執筆は、まだ光の中にいた頃、影が潜り込む数ヶ月前から始まりました。当時は言葉が溢れ出ていましたが、エリオットの突然の別れが私の筆を折ってしまいました。長い間、一言も書くことができませんでした。痛みは乗り越えられない壁であり、癒えることを拒む傷口を再び開くことに本能的な恐怖を感じていたのです。

    転機はこのプラットフォームでの予期せぬ出会いでした。夫に連れ去られた子供たちを取り戻すために闘う日本人女性の手記を読み、自分の苦しみと共鳴するものを感じました。彼女の勇気は、書くことが心の解放(カタルシス)であり、真の治療法になり得ることを思い出させてくれました。エリオットの誕生日と命日が重なるこの4月、すべての記憶が溢れ出し、この感情の混沌に言葉を与える決意をしました。

    冷たさへの対抗

    エリオットが旅立った後、私は読書に救いを求めましたが、満足できるものには出会えませんでした。目にしたのは、人間味のない臨床的で冷ややかな分析ばかりで、時には人工知能が作成したかのような温度のない言葉でした。神秘主義に逃げる物語や、別れの現実を避けるために結末を急ぐものもありました。
    だからこそ、私は全く逆の構造でゼロから書き直すことにしたのです。

    エクリチュール・ブランシュ(無色透明な描写)

    第一章では、亡くなったその瞬間を扱います。マルグリット・デュラスに触発された「サンコペ(切分音)」のようなスタイルを用います。衝撃の中では、脳は明確に思考できず、精神そのものが断片的になるからです。

    (抜粋)
    彼にキスをする。3回。彼に伝える。パパは君を愛してる。とても。とても。とても。パパはいつもそばにいるよ。いつも。いつも。いつも。彼の体。まだ温かい。私の祖母。病院のベッド。彼女の体。すでに冷たかった。
    開いたまま。彼の目。彼はそこにいる。彼はもうそこにいない。診察室のドア。私は閉める。絆(へその緒)。切れた。
    ある家族。犬。受付。若い女の子。彼女は理解する。
    ベンチ。空っぽの心。空。動かない。彼の体。あの台の上。彼の首輪。私の手の中に。

    記憶の息吹

    対照的に、過去を綴る章では、長く豊かな構造の文章を使い、穏やかな時間の流れを表現します。物語が終焉に近づくにつれ、文章は次第に短くなっていきます。

    (抜粋:ある章より)
    ついに「5秒」で開くタイプのテントが届いた。私は早速テラスでそれを広げ、彼が中に入ってくれるのか、それとも私の買い物が全くの無駄になるのかを確かめる。幸運なことに、私が促すまでもなく彼は中に入り、私はホッと胸をなでおろす。このテントはここでも役に立ちそうだ。というのも、彼は授業の合間に私が晴天を楽しんでいると、わざわざ直射日光の当たる場所に寝転がる困った癖があるからだ。ヤシの木の木陰に彼のベッドを置いてあげたのに、彼は飽きることなく熱を求めて身を晒し続ける。

    『À l’autre bout du fil(糸の向こう側)』

    このタイトルには、フランス語においていくつかの重層的な意味が込められています。電話など離れた場所との「通信」、散歩の時の「リード」(魂の感情を伝える媒介)、そして「時の糸」(生の終わり)です。**この「糸(fil)」は、運命の赤い糸のように、**肉体的な別れを超えて生き続ける「目に見えない絆」をも象徴しています。

    終わりのない歌

    このプロジェクトを母に話したとき、彼女はこれほど苦しみに没頭することに意味があるのかと問いかけました。私は、シンガーソングライターとして「目に見えないものを言葉にすること」が私の仕事なのだと答えました。この本は、いわば数百ページにわたる一曲の歌なのです。

    これは膨大なプロジェクトです。しかし、その難しさは執筆量だけではありません。それは構造にあります。私はあえて時系列に従わないことにしました。なぜなら、悲しみの本質は決して直線的ではないからです。

    私たちの精神の中で、喪失は時間の直線性を破壊します。過去と現在を絶え間なく行き来し、時間の現実から完全に切り離されてしまう。ある香り、沈黙、あるいは影が、私たちを10年前へと引き戻し、そして残酷に現在の孤独へと連れ戻します。

    毎日、自分の気分や向き合う覚悟に合わせて執筆する章を選んでいます。最終的な順序は、テキスト同士が響き合う「エコー」によってのみ決まります。読者の皆さんに、この浮遊感、記憶と現実が混ざり合う「雲の上を航海するような感覚」を味わってほしい。それこそが、私たちが経験している真実だからです。

    私の唯一の目的は、この試練の中にいる人々に「フィルターのない」物語を届けることです。私とエリオットを結んでいた絆と同じ誠実さで語りかける、そんな本を。


    (以下は、私が執筆したフランス語の原文です)

    Pourquoi j’ai décidé d’écrire un roman sur Eliott : « À l’autre bout du fil »


    L’écriture de ce livre a commencé dans la lumière, quelques mois avant que l'ombre ne s'installe. À l'époque, les mots coulaient de source, mais la perte brutale d'Eliott a brisé ma plume. Pendant longtemps, je n'ai pas pu écrire un seul mot : la douleur était un mur infranchissable et j'avais une peur viscérale de rouvrir cette plaie qui refusait de guérir.

    Le déclic est venu d'un miroir inattendu sur cette plateforme. En lisant le récit d'une femme japonaise qui partageait son combat pour récupérer ses enfants enlevés par son mari, j'ai ressenti un écho à ma propre souffrance. Son courage m'a rappelé que l'écriture peut être un exutoire, une véritable voie thérapeutique. Ce mois d'avril, qui marque à la fois l'anniversaire de la naissance et du départ d'Eliott, a fini par me convaincre : tous les souvenirs sont remontés à la surface, m'imposant de mettre enfin des mots sur ce chaos d'émotions.

    Un contre-pied à la froideur

    Après le décès d'Eliott, j'ai cherché du réconfort dans la lecture, mais je suis souvent resté sur ma faim. J'ai croisé des analyses cliniques et froides, sans aucune chaleur humaine, qui semblaient parfois générées par une intelligence artificielle. J'ai lu des récits qui basculaient dans le mystique ou d'autres qui abrégeaient la fin, comme pour esquiver la réalité du deuil.
    C'est pourquoi j'ai décidé de repartir de zéro avec une structure diamétralement opposée :

    L'écriture blanche

    Le premier chapitre traite du moment précis du décès. J'y utilise un style syncopé, inspiré par Marguerite Duras, car dans le choc, le cerveau ne pense plus clairement ; l'esprit même devient haché.

    Extrait : 
    "Je l’embrasse. Trois fois. Je lui dis. Papa t’aime fort. Fort. Fort. Papa sera toujours là pour toi. Toujours. Toujours. Toujours. Son corps. Encore chaud. Ma grand-mère. Le lit d’hôpital. Son corps. Déjà froid.

    Ouverts. Ses yeux. Il est là. Il n’est plus là. La porte du cabinet. Je la ferme. Le cordon. Coupé.

    Une famille. Le chien. L’accueil. La jeune fille. Elle comprend.

    Un banc. Mon esprit vide. Le ciel. Immobile. Son corps. Cette table. Son collier. Dans mes mains."

    Le souffle des souvenirs

    À l'inverse, les chapitres sur notre passé utilisent des phrases longues, riches et structurées pour refléter la paix de ces moments. Plus le récit avancera vers l'échéance, plus les phrases se raccourciront.

    Extrait d’un des chapitres : 
    "Je finis par recevoir la tente de type « cinq secondes ». Je m’empresse de la déplier sur la terrasse pour voir s’il acceptera de s'y glisser ou si mon achat est parfaitement absurde. Par chance, il y rentre sans même que je l’y aie poussé, et me voilà rassuré. Je me dis qu’elle pourrait même servir ici, car il a cette fâcheuse tendance à s’allonger en plein soleil quand je profite du beau temps entre deux cours. J’avais pourtant installé son panier à l’ombre du palmier, mais il persiste inlassablement à s'exposer à la chaleur."

    Le titre « À l’autre bout du fil »

    Ce titre possède une multitude d'interprétations en français : la communication à distance (téléphone), la laisse (vecteur d'émotions pendant la promenade), le fil du temps (le bout de la vie) et enfin le lien invisible qui survit à la séparation physique.

    Une chanson sans fin

    Quand j'ai partagé ce projet avec ma mère, elle s'est interrogée sur la pertinence d'une telle immersion dans la douleur. Je lui ai répondu qu’en tant qu'auteur-compositeur-interprète, j'ai l'habitude de traduire l'invisible en mots. Ce livre sera, en quelque sorte, une chanson qui résonnera sur des centaines de pages.
    Ce projet est titanesque, mais sa difficulté ne réside pas seulement dans le volume d'écriture. Elle réside dans sa structure. J'ai choisi de ne pas suivre un ordre chronologique, car le deuil, dans son essence, ne l'est pas.

    À l'intérieur de notre esprit, la perte brise la ligne droite du temps. On est ballotté sans cesse entre le passé et le présent, complètement déconnecté de la réalité des jours qui passent. Un parfum, un silence ou une ombre nous projette dix ans en arrière, avant de nous ramener brutalement à la solitude de l'instant.

    Chaque jour, je sélectionne les chapitres que je vais développer en fonction de mon humeur et de ce que je me sens prêt à affronter. L'ordre final sera dicté uniquement par les échos que les textes se renvoient entre eux. Je veux que le lecteur ressente ce flottement, cette sensation de naviguer sur un nuage où les souvenirs et la réalité s'entremêlent, car c'est là que réside la vérité de ce que nous traversons.

    Mon unique objectif est d'offrir un récit « sans filtre » à ceux qui traversent cette épreuve, afin qu'ils trouvent enfin un livre qui leur parle vraiment, avec la même sincérité que celle qui unissait ma relation avec Eliott.

    #創作大賞2026   #エッセイ部門




     
     
    ブルターニュ在住のエドモンです🇫🇷大学で日本言語文化を学び2003年ワーホリ来日。 スペイン🇪🇸9年、計23年の講師歴があります。 現在は地元からオンラインで6000回超の指導。 教科書にはない、温度のある「生きたフランス語」を大切にしています。 どうぞよろしくお願いします。✨

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