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Al-Maliha

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Al-Maliha
Vieux village d‘al-Maliha, avec le minaret de sa mosquée, entouré par un quartier moderne de Jérusalem-Ouest.
Nom local
المالحة
Géographie
Pays
Sous-district
Partie de
Superficie
6,8 km2
Démographie
Population
1 940 hab.
Densité
285,3 hab./km2
Histoire
Événement clé
Dépeuplement
1948

al-Maliha (المالحة) est un village palestinien situé au sud-ouest de Jérusalem. Comme des centaines d’autres villages, il a été dépeuplé lors de la guerre de Palestine de 1948.

Après 1948, al-Maliha a été rebaptisé Malcha et est devenu un quartier de Jérusalem-Ouest.

Selon Palmer, le nom du village signifie « le Pain de Sel »[1].

Géographie

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Le village d’al-Maliha dépendait du sous-district de Jérusalem. Construit sur un plateau à une altitude de 750 mètres, il dominait la région de tous côtés sauf au nord et se trouvait à 5 kilomètres de la Vieille ville de Jérusalem. Une route secondaire le reliait à Jérusalem et d’autres routes aux villages voisins[2]

Les localités voisines d’al-Maliha étaient Deir Yassin au nord, Jérusalem au nord-est (quartier de Qatamon), Sataf au sud-est, Sharafat au sud, Al-Walaja à l’ouest et Ayn Karim au nord-ouest[2].

En 1945, la superficie totale des terres du village était de 6828 dounams (6,8 km²)[3] dont la propriété se répartissait entre 5798 dounams (580 hectares) appartenant à des Arabes, 922 dounams (92 hectares) appartenant à des Juifs et 108 dounams (11 hectares) de terres publiques[2]. Sur ce total, 2951 dounams (295 hectares, soit 43 % des terres) étaient incultes[2]. Sur les terres arables, 2618 dounams (262 hectares) étaient classés comme plantations ou terres irrigables et 1259 dounams (126 hectares) étaient des terres céréalières[4]. Les oliveraies occupaient 1370 dounams (137 hectares)[2].

Constructions de l’Âge du Bronze mise au jour à Malcha, entre le centre commercial et Teddy Stadium

Des fouilles ont mis au jour des constructions datant de l’Âge du Bronze moyen[5]. Un village du 18e siècle av. J.-C. a été découvert dans la vallée de Rephaïm (en). Ce village succédait à un précédent datant de l’Âge du Bronze ancien IV (entre 2200 et 2100 av. J.-C.)[6].

Selon les archéologues qui ont participé aux fouilles en 1987–1990, le site fouillé est identifié à la ville cananéenne de Manahat, qui était située à la frontière nord de la tribu de Juda[7]. Les restes du village sont préservés dans le Zoo biblique de Jérusalem[7].

De l’Empire byzantin à la fin des Mamelouks

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Le village est habité par des Georgiens au 5e siècle au temps du roi Vakhtang Ier d'Ibérie[8]. Cette présence est reliée aux actuels établissements religieux géorgiens autour de Jérusalem, dont le monastère de la Croix. Pendant des siècles, les voyageurs ont remarqué les habitudes différentes des habitants d‘al-Maliha[8]. Ils se sont ensuite convertis à l’islam et se sont ensuite intégrés dans la société arabe[8]. Aux 18e et 19e siècles, les descendants de ces habitants se nommaient eux-mêmes Gurjs, les Géorgiens, et avaient conservé le droit de cultiver les terres du monastère de la Croix, ce qui témoigne de leur passé géorgien[9].

Empire ottoman

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Al-Maliha sur la carte du Survey of Palestine (années 1940). La carte figure l’emplacement du Stade Teddy, construit dans les années 1990, et appelé par les Palestiniens d’Israël "stade de Maliha"[10],[11].

La Palestine est conquise par les armées de l'Ottoman Sélim Ier en 1517, grâce à leur victoire sur les armées mameloukes à la bataille de Marj Dabiq, et annexée à l'Empire ottoman.

Dans le defter (registre fiscal) de 1596, le village de Maliha as-Suqra relevait de la nahié (sous-district) et de la liwa (district ou sandjak) de Jérusalem. Ce document recense 52 foyers, tous musulmans, soit environ 280 habitants. Les villageois payaient un impôt à taux fixe de 33,3 % sur leurs productions agricoles, blé, orge, oliviers et arbres fruitiers, les chèvres et les ruches, pour un total de 8700 akçe. Un tiers des impôts étaient affectés à un waqf (fondation pieuse)[12].

En 1838, le voyageur Edward Robinson note que le village musulman d’el Malihah relève du district de Beni Hasan[13],[14]. En 1855, Mary Rogers, sœur du vice-consul britannique à Haïfa Edward Thomas Rogers (1831–1884), signale des fours pour la fabrication de charbon de bois autour d’al-Maliha[2]. La famille des al-Shaykha, originaire d’al-Maliha, était une des plus influentes de Jérusalem[2].

Une liste de villages ottomane de 1870 recense à Malha une population masculine de 340 habitants, répartis dans 75 maisons, ce document ne recensant pas les femmes[15],[16].

Pendant son voyage dans les années 1870, Clermont-Ganneau enregistre la tradition locale qui affirme que les villageois ont deux origines : une partie viennent de Transjordanie, les autres viennent d’Égypte. Ganneau pointe leurs manières particulières de prononcer, notamment le "a" qui est prolongé et ressemble à un "o." Il fait quelques découvertes, dont une inscription brisée, des tombes creusées dans le roc et une boîte d‘os que les habitants lui ont montré. Il mentionne aussi la source proche d’Ain Yalo révérée par les habitants d‘al-Maliha[17].

En 1883, le rapport du Palestine Exploration Fund décrit le village comme étant de taille moyenne, construit en hauteur sur le replat d’une crête. La source d’Ayn Yalu se trouve au sud[18].

En 1896, la population d’al-Maliha est estimée à environ 600 personnes[19].

Période du mandat britannique

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Détail d’une maison palestinienne d‘al-Maliha.

De 1915 à 1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région d'al-Maliha est conquise en décembre 1917 et la région est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations.

Au recensement de la Palestine mandataire de 1922 conduit par les autorités britanniques, Malhah a une population de 1038 habitants, tous musulmans[20], population qui augmente au recensement de 1931 à 1410 habitants, dont 1402 musulmans et 8 chrétiens, dans 299 maisons[21]. Le chercheur géorgien B.V. Khurtsilava relie les deux hausses importantes de population entre 1868 et 1896 (d‘environ 200 à environ 600) et des années 1920-1930 (de 1000 à 1400) avec une importante immigration d’origines diverses[22].

La famille séfarade des Valero achète des terres à al-Maliha dans les années 1930[23]. À cette époque, le village dispose d‘une clinique médicale, d’une école primaire, un conseil local pour admnistrer le village, quelques commerces et une mosquée, portant le nom du deuxième calife bien guidé, Omar ibn al-Khattâb. Plusieurs habitants étaient artisans, commerçants ou travaillaient dans les services[2].

Dans les Statistiques de Village de 1945, la population d’al-Maliha est estimée à 1940 habitants, don 1930 musulmans et 10 chrétiens[24],[3].

Guerre de 1948

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Carte topographique de 1943, avec al-Maliha au sud-ouest de Jérusalem et Deir Yassin (Célèbre massacre le 9 avril) au nord

.

Monument aux membres de l’Irgoun morts durant la bataille pour al-Maliha.

Dans le plan de partage de la Palestine voté par l’assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947, Al-Maliha relevait de la zone internationale de Jérusalem[25].

Le village est dépeuplé en deux phases, le 21 avril 1948 puis le 15 juillet 1948[26]. La première phase de départs est provoquée par la chute des villages voisins, la seconde par la conquête israélienne du village.

Au début de la guerre (décembre 1947), Al-Maliha signe un pacte de non-agression avec la Haganah, comme les villages d’al-Qastal, Sur Baher et Deir Yassin[27]. Selon le journal Filastin, al-Maliha subit une première attaque le 6 mars, quand une unité juive s‘infiltre dans les quartiers extérieurs du village et affronte la milice locale. Aucune mention de victimes n’est faite[2]. Le 12 avril 1948, trois jours après le massacre de Deir Yassin, les habitants d’al-Maliha, Qaluniya et Beit Iksa sont touchés par la panique et prennent la fuite[28] mais le village n’est pas complètement déserté[2]. La Haganah commence à occuper des positions autour du village à partir du quartier de Qatamon (ouest de Jérusalem) à partir des 1er-2 mai[2].

Le village est occupé lors de la bataille pour le sud de Jérusalem[29]. L’Irgoun attaque al-Maliha à l’aube du 14 juillet 1948[30], renforcé par deux pelotons de l’organisation de jeunesse la Gadna[2]. Les miliciens du village lancent une contre-attaque le 15 juillet et s‘emparent d’une des positions fortifiées. L‘armée égyptienne, qui opère à proximité, annonce la prise du village le même jour[2]. L’usage de préparation d‘artillerie est rapporté par le New York Times[2]. Mais l’Irgoun reçoit des renforts, ce qui provoque la retraite des Palestiniens, laissant al-Maliha aux mains des Juifs. Dix-sept combattants de l’Irgoun sont morts dans les combats et de nombreux autres ont été blessés[30]. Une nouvelle contre-attaque a lieu le 16 juillet, mais elle échoue[2]. Les derniers habitants fuient ou sont expulsés vers Bethléem, qui est annexé après la guerre par la Jordanie (voir Annexion de la Cisjordanie par la Jordanie). Les maisons vides sont occupées par des immigrants juifs, venant principalement d’Irak[31].

Période israélienne

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Carte topographique des années 1940 avec les voies de circulation actuelle en surimpression bleue.
al-Maliha/Malcha vers 1950

Après la guerre, le village est annexé par Israël et intégré à la municipalité de Jérusalem-Ouest.

Le premier raid de la guérilla des fedayins palestiniens en Israël a lieu en novembre 1951 à Malcha : Leah Festinger est tuée par des fedayins venus de Shuafat, alors en Jordanie[32].

Voici comment Walid Khalidi décrit ce qui subsiste d’al-Maliha en 1992 : « De nombreuses maisons subsistent et sont occupées par des familles israéliennes, même si quelques maisons sur le versant sud ont été démolies. Les maisons habitées ont généralement deux niveaux construits en pierre calcaire et des ouvertures sous arc. Certaines maisons ont des balcons dotés de toits soutenus par des colonnes et des arches semi-circulaires. L’école est fermée et remplie de d’ordures. Certaines rues sont larges et bitumées, d‘autres sont étroites et comportent des marches. La mosquée et son minaret restent au centre du village. Elle est fermée et laissée sans entretien. Le cimetière du village est au sud. Cinq tombeaux dominent les plus petites tombes. Une de ces tombes est ouverte et les os en dépassent. Des vergers poussent sur les pentes sud et sud-est et dans les vallées. Le quartier israélien de Ramat Daniya entoure le village au nord et à l’ouest »[2].

Personnalités liées

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Bibliographie complémentaire

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Articles connexes

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Liens externes

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  1. ↑ Palmer, 1881, p. 322.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 « al-Maliha — المالِحَة  », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question, consulté le 3 juin.
  3. 1 2 Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. Cité par Hadawi, 1970, p. 57.
  4. ↑ Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. cité par Hadawi, 1970, p. 103.
  5. ↑ An Intermediate Bronze Age Farmhouse at Newe Shalom
  6. ↑ Modèle:Usurped
  7. 1 2 Nahal Refa'im - Canaanite Bronze Age villages near Jerusalem. History: ARCHEOLOGICAL SITES NO. 6. Posted 20.11.2000. Ministry of Foreign Affairs. Accessed 25 September 2023.
  8. 1 2 3 Georgian ambassador's move to Jerusalem highlights history, Jerusalem Post. Re-accessed 25 September 2023.
  9. ↑ Khurtsilava, Besik V. (2017). Sentries of "Jvari": On the traces of Gurjs from Malha. Ch. 2. First Data on forgotten tribesmen, p. 23-24 (traduction vers l‘anglais). In "Georgia and Holy Land", Tbilisi. Consulté le 25 September 2023.
  10. ↑ Arab MK welcomes cancellation of Argentina soccer game, Jun 6, 2018; Arutz Sheva, ""I congratulate the Argentine team on its decision to cancel the game at Al-Maliha Stadium," tweeted Zahalka, referencing the name the Arabs use to call the Teddy Stadium, where the game was to have been played."
  11. ↑ Beitar cancels Barcelona match after demand to not have game in Jerusalem, 15 juillet 2021; Jerusalem Post: "Palestinian Football Association president Jibril Rajoub received a letter from Laport about the match planned in Jerusalem on August 4 "in a stadium built on the ruins of the Palestinian village of al-Malha, whose residents were forcibly expelled and displaced in refugee camps," Wafa reported."
  12. ↑ Hütteroth, Abdulfattah, 1977, p. 118. Cité par Khalidi, 1992, p. 304.
  13. ↑ Robinson, Smith, 1841, vol 3, Appendix 2, p. 123.
  14. ↑ Robinson & Smith, 1841, vol 2, p. 156.
  15. ↑ Socin, 1879, p. 157.
  16. ↑ Hartmann, 1883, p. 122.
  17. ↑ (en) « The Jerusalem Researches », Palestine Exploration Quarterly, vol. 6, no 3,‎ , p. 160–161 (ISSN 0031-0328, DOI 10.1179/peq.1874.016, lire en ligne Accès payant)
  18. ↑ Conder, Kitchener, 1883, SWP III, p. 21. Cité par Khalidi, 1992, p. 304.
  19. ↑ Schick, 1896, p. 125.
  20. ↑ Barron, 1923, Table VII, Sub-district of Jerusalem, p. 14.
  21. ↑ Mills, 1932, p. 41.
  22. ↑ Khurtsilava, Besik V. (2017). Ch. 4. Pages of sad history of Malha residents, p. 29-30.
  23. ↑ Joseph B. Glass, Ruth Kark, Sephardi entrepreneurs in Jerusalem: The Valero family, 1800-1948, p. 149.
  24. ↑ Government of Palestine, Department of Statistics, 1945, p. 25.
  25. ↑ Sami Hadawi, « Palestine - Index to villages & settlements », Palestine Arab Refugee Office, 1949.
  26. ↑ Morris, 2004, p. xx, village #361. Also gives the cause for depopulation
  27. ↑ Morris, 2004, p. 75, 91
  28. ↑ Morris, 2004, p. 239.
  29. ↑ Palestinian Central Bureau of Statistics « https://web.archive.org/web/20120212052159/http://www.pcbs.gov.ps/_pcbs/jer_b5/tab02-02.aspx »(Archive.org • Wikiwix • Que faire ?),
  30. 1 2 (en) Benny Morris, The Birth of the Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press, , 239, 435–436 (ISBN 978-0-521-00967-6, lire en ligne)
  31. ↑ Joseph B. Glass, Ruth Kark, Sephardi entrepreneurs in Jerusalem: The Valero family, 1800-1948.
  32. ↑ « Ncyclopedia », sur ynet.

Bibliographie

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