C'est en toute confiance
que je me suis rendu hier soir dans mon cinéma préféré pour y
faire connaissance avec le tout nouveau personnage de la franchise
Resident Evil...
Très confiant, oui, car derrière la mise en scène et l'écriture
de ce huitième et nouvel opus live se cache Zach Cregger, l'auteur
des excellents Barbarian
en 2022 et Weapons en
2025. Pourtant, il y avait de quoi se faire du soucis car la licence
vidéoludique créée par Capcom
voilà des dizaines d'années n'a jamais vraiment bénéficié
d'adaptations cinématographiques à la hauteur de sa qualité ou de
sa réputation. Après quatre longs-métrages signés de Paul W.S.
Anderson, un d'Alexander Witt, un de Russell Mulcahy et celui qui fut
le dernier en date, Resident Evil : Bienvenue à
Raccoon City,
réalisé par Johannes Roberts en 2021, de qualité relativement
bonne et pourtant incompréhensiblement rejeté par une grosse partie
de la communauté des fans, Zach Cregger s'est donc lancé dans le
pari incensé de redorer le blason d'une franchise dont il n'a jamais
vu le moindre volet. Et autant dire que cela se voit, se ressent et
explique sans doute pourquoi son dernier film s'éloigne
drastiquement du reste de l'octalogie qui n'était en grande majorité
qu'une série de longs-métrages bourrins, sans finesse aucune et
plus proches d'un cinéma Z se fichant du matériau d'origine que
celui d'auteurs désirant véritablement rendre hommage à une
licence de jeux vidéos qui marqua et continue de marquer
profondément l'esprit des joueurs... On pourrait alors arguer que
Zach Cregger en fait autant en n'employant les zombies que lors de
rares séquences. S'il est vrai que ceux-ci n'apparaissent que de
manière très sporadique, le cinéaste exploite cependant beaucoup
plus profondément le fameux Virus-T,
l'une des souches du Virus Progenitor
conçu
par la Umbrella
Corporation.
Un virus qui devait à l'origine permettre à ceux auxquels il fut
injecté de développer des capacités physiques hors normes mais qui
malheureusement dégénéra pour donner forme à des créatures dont
le nouvel opus sorti le 16 septembre dernier permet de découvrir de
nouvelles formes de mutations. Si Resident Evil
évoque bien l'existence de la ville et de l’hôpital de Raccoon City
ainsi que la société Umbrella
Corporation
et si les créatures ressemblent parfois effectivement à certaines
de celles que l'on pouvait croiser au détour de certains jeux issus
de la franchise vidéoludique, le film de Zach Cregger aurait aussi
bien pu porter un tout autre nom...
Ici,
le long-métrage est principalement incarné par l'acteur Austin
Abrams. Il y interprète le rôle du coursier médical Bryan
Hodukavich auquel est confié la tâche de livrer un très important
colis à destination de l'hôpital général de Raccoon City. Il est
tard, la neige a recouvert de son blanc manteau la totalité de la
région et le jeune homme est pressé de retrouver sa petite amie qui
est enceinte. Malheureusement pour lui, la nuit va être longue, très
longue et semée d'une foule d'embûches dont il devra se
dépatouiller avec ses maigres moyens. Car plutôt que de faire de
son personnage central un homme fort et héroïque, Zack Cregger
choisi d'en faire un individu lambda auquel n'importe lequel d'entre
nous ou presque pourra s'identifier. Une arme à la main, Bryan tire
souvent à côté. Au moindre bruit, il se met à crier, à gémir, à
respirer très fortement. Devant le danger, il fuit ! Et pourtant,
sans hypothétique autre raison que de gagner le double de ce que lui
rapporte habituellement les courses qu'il effectue, Bryan va aller
jusqu'au bout, pénétrer dans Raccoon City, rencontrer quelques
personnages secondaires qui ne feront pas long feu et surtout croiser
en chemin des créatures véritablement monstrueuses. L'une des très
grandes qualités de Resident Evil
est pour son auteur d'avoir su comprendre les attentes non pas
simplement des fans de la série de jeux mais bien des amateurs de
cinéma d'horreur en exploitant leurs peurs les plus profondes. Et
tout cela en évitant le plus possible d'user d'une méthodologie
dont certains usent abondamment ! Ici, pas ou peu de jumpscares
mais toute une série de situations angoissantes, admirablement mises
en scène par un artiste qui s'y connait en la matière. On pense
bien évidemment aux incessantes rencontres bien creepy que Bryan
effectuera mais aussi et surtout au différents situations auxquelles
il sera confronté. Comme cette séquence située dans un tunnel et
qui ferait presque regretter qu'à l'époque de l'adaptation
télévisuelle du roman Le
fléau
de Stephen King la séquence se déroulant elle-même dans un tunnel
ait été ratée au point d'agacer certains fans du bouquin. Filmant
très souvent l'acteur principal dans le dos et même parfois en vue
subjective, Zack Cregger signe une fois de plus un excellent film
d'horreur, parmi les meilleurs à avoir vu le jour cette année. Se
terminant sur une fin ouverte, Zack Cregger ne semble pourtant pas
avoir décidé de poursuivre l'aventure puisque son prochain film
intitulé The Flood
devrait être une œuvre de science-fiction...
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