SFR
| SFR Société française du radiotéléphone[1] | |
Logo de SFR. | |
| Création | |
|---|---|
| Dates clés | 2008 : rachat de Neuf Télécom 2011 : rachat par Vivendi 2014 : rachat par Altice, fusion avec Numericable 2016 : branche télécom de SFR Group (renommé ensuite Altice France) 2026 : accord trouvé avec Altice France pour le rachat de SFR envers Orange, Bouygues Telecom, Free et Free Mobile pour le partage des actifs de SFR. |
| Disparition | mi- ou début |
| Fondateurs | Alain Bravo, Richard Lalande |
| Forme juridique | Société anonyme |
| Slogan | « On s'engage pour vous » |
| Siège social | Altice Campus 16 rue du Général-Alain-de-Boissieu, Paris 15 |
| Direction | Mathieu Cocq (PDG) |
| Actionnaires | |
| Activité | Télécommunications sans fil |
| Produits | Internet Téléphonie mobile Téléphonie fixe Télévision IP Télévision par câble Vidéo à la demande |
| Société mère | Altice France |
| Sociétés sœurs | Société du haut débit |
| Effectif | 5 747 en 2023 (selon societe.com) |
| SIREN | 343 059 564 |
| Site web | www.sfr.fr boutique.sfr.fr |
| Fonds propres | 5 108 196 000 € au 31/12/2020 |
| Dette | 24 200 000 000 € au 31/01/2024[2] |
| Chiffre d'affaires | 11 160 000 000 (2023)[3] |
| Résultat net | |
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La Société française du radiotéléphone, ou SFR, est un opérateur de télécommunications français créé le . Devenue filiale du groupe Altice France de Patrick Drahi depuis 2014, SFR est chronologiquement le deuxième des quatre opérateurs de téléphonie nationaux privés français.
Lorsqu'elle est créée en 1987, l'entreprise est une filiale de la Compagnie générale des eaux. Le groupe Vivendi (filiale du groupe Bolloré) contrôle son capital en totalité à partir de 2011. L'entreprise est ensuite rachetée par le groupe Altice en 2014 pour former le groupe Numericable-SFR, renommé SFR Group deux ans plus tard, la marque Numericable n'étant alors plus utilisée que pour son bouquet de chaînes de télévision.
En , Altice annonce son intention de regrouper la plupart de ses activités sous son seul nom : le , le réseau mobile SFR prend donc le nom « SFR Altice ». Cette décision est toutefois abandonnée en à la suite des mauvais résultats financiers du groupe.
À la suite de mauvais résultats commerciaux et d'opérations ou décisions stratégiques controversées, la maison mère Altice dirigée par Patrick Drahi accumule en 2024 plus de 60 milliards de dettes, une situation affectant considérablement la valeur du groupe et de ses filiales[5]. Le , via un communiqué de presse[6], Bouygues Telecom, Orange et Free (groupe Iliad) annoncent une offre conjointe non engageante pour le rachat de la majeure partie des activités télécoms de SFR[7], qu'Altice refuse le lendemain[8]. Le , une nouvelle offre de rachat conjointe est acceptée par Patrick Drahi, les parties entrent en négociations exclusives sur SFR et une partie du portefeuille d'Altice France[9].
Le 6 juin 2026, le consortium composé de ses trois concurrents historiques (Bouygues Telecom, Orange et Free) annonce via un communiqué de presse avoir finalisé et signé un protocole d'accord avec Altice France, maison mère de SFR[10]. Ce rachat conjoint est estimé à une valeur totale de 20,35 Md€ répartis entre les 3 acheteurs (42 % pour Bouygues Telecom, 31 % pour Free et 27 % pour Orange). Ce document signé entre le consortium et Altice a pour objectif final au deuxième semestre 2027 de démanteler SFR et d'en céder les actifs (clients, infrastructures, réseau de vente, salariés, fréquences) aux trois autres concurrents[11]. Ainsi, Free reprend l'intégralité de la marque RED by SFR (6 millions de clients) ainsi qu'environ 2 millions de clients sous marque SFR ; Bouygues Telecom acquiert SFR Business, Prixtel et 5,9 millions de clients particuliers ; et Orange récupère 4,9 millions de clients, dont les MVNO Coriolis Telecom, Syma Mobile et Réglo Mobile.
Historique
[modifier | modifier le code]Origines dans le radiotéléphone (1987-1996)
[modifier | modifier le code]Sous l'impulsion du libéral Gérard Longuet, ministre chargé des Postes et Télécommunications (1986-1988), le monopole des PTT détenu par France Télécom est assoupli et une plus grande concurrence dans les télécommunications est introduite en France[12]. L'autorisation est alors donnée à une entreprise privée de se lancer dans le radiotéléphone[12]. La Compagnie générale des eaux remporte l'appel d'offres et est choisie comme nouvel opérateur en [12]. Elle crée une filiale, la Société française du radiotéléphone, en [12], notamment sous la direction d'Alain Bravo[13]. Après quinze mois, pendant lesquels la nouvelle société organise ses équipes et met en place ses équipements, le nouvel opérateur est lancé le [12].
La SFR propose à ses clients son service de radiotélécommunications analogique « SFR NMT » conforme à la norme suédoise NMT, en concurrence avec le service Radiocom 2000 de son concurrent France Télécom[14].
Les Parisiens sont les premiers à pouvoir s'abonner au nouveau système car le service n'ouvre dans le reste de la France qu'en 1991[12].
Le , sous la présidence de Philippe Glotin, SFR inaugure le deuxième réseau GSM de téléphonie mobile français dit 2G. Au moment du départ d'Alain Bravo, en 1995, SFR dispose d'une part de marché de 40 % dans le GSM et compte 370.000 abonnés[13].
Groupe SFR-Cegetel (1996-2005)
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En 1996, la Compagnie générale des eaux réorganise, sous la direction de Philippe Germond, ses activités de télécommunications en créant avec un consortium d'autres actionnaires (Mannesmann, British Telecom, SBC) un nouveau groupe d'abord baptisé Cegetel (Compagnie générale de télécommunication, créée le )[15] puis SFR-Cegetel. Ce groupe devient l'opérateur privé de téléphonie fixe et mobile alternatif à France Télécom[15].
Parmi les tout premiers entrants dans le secteur concurrentiel de la téléphonie mobile avec la marque SFR et dans la téléphonie fixe dérégulée avec les marques Cegetel et le « 7 », l'opérateur est également fournisseur d'accès à Internet.
Philippe Germond succède à Philippe Glotin, mort brutalement fin 1995[16]. Dès son arrivée, il met en poste des hommes de marketing, venant de Danone (dont Pierre Bardon) ou de Volkswagen, ce qui est alors inédit mais compréhensible à l'époque où le téléphone mobile est en train de devenir un produit de grande consommation : « Le téléphone est un produit grand public, comme le yaourt. D'ailleurs, tous les grands opérateurs mobiles sont dirigés par des gens de marketing, pas par des techniciens », explique-t-il lors d'un entretien donné au journal Les Échos en 2003[16]. Il donne la priorité à la segmentation de l'offre, à la tarification et à l'investissement dans les agences[16]. « Malgré la pression de mes actionnaires, j'ai tenu tête en acceptant de perdre quelques points de part de marché pour éviter d'entrer dans la surenchère diabolique des baisses de prix et de l'augmentation des coûts d'acquisition. C'est à ce prix que s'est bâtie la forte santé financière de SFR », raconte-t-il[16].
Sous sa direction, SFR devient l'entreprise la plus rentable du groupe Vivendi, passant de moins d'un million de clients en 1996 à plus de 15 millions en 2003, enregistrant près de 7 milliards d'euros de chiffre d'affaires[16]. Un temps actionnaire d'AOL France, l'entreprise achète en 2000 à Avenir Télécom son réseau de 160 magasins Phone Shop, lui permettant d'avoir au total 680 points de vente (dont 400 franchisés) pour rivaliser avec les 700 agences de France Télécom[17]. Au cours de huit années d'exercice entre 1999 et 2007, le chiffre d'affaires des activités du groupe est multiplié par 30, par croissance interne. Avec son chiffre d'affaires et sa valeur financière, SFR-Cegetel figure parmi les 40 premiers groupes français.
En 2003, lors de la fusion de Cegetel avec Télécom Développement, opérateur télécom détenu par le groupe SNCF, le groupe SFR-Cegetel devient le principal opérateur privé de télécommunications fixe en France après France Télécom[n 1]. Le , SFR-Cegetel est le premier opérateur français à commercialiser un abonnement compatible avec son nouveau réseau de téléphonie mobile UMTS[18] dit 3G.
Groupe SFR (2005-2014)
[modifier | modifier le code]Le , le groupe SFR-Cegetel disparaît à la suite de l'achat par Neuf telecom de sa filiale Cegetel, devenue dès lors Neuf Cegetel[19]. SFR conserve toutefois 28 % du capital de l'opérateur fixe[19]. Une scission provisoire est réalisée entre SFR et les activités fixes, ou ex-Cegetel, devenues Neuf Cegetel[19]. Le nouveau groupe SFR est dirigé par Frank Esser[20] jusqu'au , date à laquelle Jean-Bernard Lévy, alors PDG de Vivendi, prend sa place[21]. Il est remplacé en par Stéphane Roussel, ancien DRH de SFR[22].
Disposant de ses propres réseaux physiques GSM/GPRS et UMTS/HSDPA, l'opérateur commercialise pour les particuliers, les professionnels et les entreprises, différents services de téléphonie mobile, de données mobile et de services multimédias mobiles en 3G et 3G+ sur le marché français. SFR compte en 2006 environ trois millionsde clients sur son réseau 3G.
En 2006, SFR compte 17,9 millions de clients et 8 000 collaborateurs, est le deuxième opérateur privé de télécommunications mobiles en France après France Télécom, et revendique être le numéro un du marché en ventes nettes pour les nouveaux clients en 2003, 2004 et 2005.
En 2007, SFR lance sa première offre ADSL après avoir acheté les activités fixe de Tele2 en France pour 350 millions d'euros[23].
Au mois d', 1 900 salariés de SFR Service Client, principalement des téléconseillers de Lyon, Poitiers et Toulouse, sont transférés à des sous-traitants partenaires (Arvato et Teleperformance)[24] après un conflit social d’une ampleur sans précédent dans l’entreprise[25].
Une délocalisation massive de la plateforme des appels entrants/sortants (centres d'appel « 1023 ») au Maghreb (Maroc et Tunisie) débute en 2008[26].
Le , SFR devient l'actionnaire majoritaire de Neuf Cegetel en reprenant les parts du groupe Louis-Dreyfus et ainsi, donnant naissance à une nouvelle entité, présente dans la téléphonie fixe, l'accès à Internet (ADSL-FTTH) et la téléphonie mobile (2G, 3G) plus apte à rivaliser avec le groupe Orange[27]. Dans la foulée, SFR lance une OPA simplifiée sur les titres flottants en bourse de la société Neuf Cegetel en vue de contrôler 100 % de cette société. Cette opération d’une durée de 4 semaines, prend fin le [28] et revient à près de 4,5 milliards d'euros à SFR.
En , SFR affirme avoir effectué les changements nécessaires au bon fonctionnement de l'entreprise après avoir absorbé Neuf Cegetel[29]. SFR représente alors un chiffre d'affaires de 12 milliards d'euros et un groupe employant 10 000 personnes, suivi d'un plan de départs volontaires qui touche 450 personnes[29].
À partir du mois d', les sites Internet, options et prestations de la marque Neuf Cegetel sont regroupés sous la marque SFR et, par la même occasion, l’ancienne NeufBox 4 est rebaptisée NeufBox de SFR. L'habillage graphique et logo de SFR sont actualisés.
À partir du et pour concurrencer Free sur le marché des télécom français, SFR lance des forfaits d'entrée de gamme low cost intitulés « Les séries RED de SFR »[30], la marque devenant ensuite RED by SFR.
La « NeufBox de SFR » est remplacée en par « La box de SFR »[31].
Le , Vivendi rachète pour huit milliards d'euros les 44 % de SFR possédés par Vodafone et contrôle désormais totalement l'entreprise[32],[33]. Le , à la suite d'un accord entre Jean-René Fourtou et Vincent Bolloré qui conduit ce dernier au poste de vice-président du conseil de surveillance de Vivendi, la scission de l'entreprise est annoncée, dans le but d'une prochaine introduction en bourse de SFR[34], laquelle n'a toutefois pas lieu.
Filiale de Numericable-SFR (2014-2016)
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Rachat (2014-2015)
[modifier | modifier le code]Le , le conseil de surveillance du groupe Vivendi (contrôlé par le groupe Bolloré) entre en négociations exclusives avec Altice (Numericable), dirigé par Patrick Drahi, pour la vente de l'opérateur SFR[35]. Altice propose 11,75 milliards d’euros pour le rachat et de confier 32 % du capital du nouvel ensemble à Vivendi[35],[36]. Le groupe Bouygues, dirigé par Martin Bouygues, est alors en concurrence avec Altice pour le rachat de l'entreprise : Altice dépasse l'offre de Bouygues, qui proposait 11,3 milliards d’euros et une participation de 43 % dans la nouvelle entité[35]. Une semaine plus tard, Bouygues réévalue son offre à 13,15 milliards d'euros[37]. Le , Vivendi annonce avoir choisi Altice pour la vente de SFR[38],[39] contre 13,36 milliards d'euros[40], tandis que Vivendi garde 20% des parts[41]. L'opération porte la valorisation de SFR à 15,5 milliards d'euros[42].
Après l'accord de l'Autorité de la concurrence survenu fin [43], les deux sociétés (Numericable et SFR) fusionnent fin 2014[44]. À ce moment-là, le groupe affiche une dette de 11,7 milliards d'euros[45]. Le , Vivendi annonce vendre ses 20 % de parts restantes à Altice dans le cadre de la fusion entre SFR et Numericable[46].
Restructuration complexe
[modifier | modifier le code]Le rachat de SFR par Numericable ouvre une période compliquée pour le groupe : entre fin 2014 et fin 2015, il perd 1,6 million d'abonnés du fait des faiblesses de son réseau[47],[48]. Ainsi, concernant sa box ADSL, l'Arcep classe SFR bon dernier avec 16 Mbit/s contre 21 Mbit/s pour Bouygues[47]. De même, pour la téléphonie mobile, l'Arcep dégrade la note de SFR qui passe de 93 à 78[47].
De fait, durant les neuf mois qui ont précédé la vente de SFR, Vivendi a réduit ses investissements de 10 %[47]. Après la vente, Patrick Drahi les gèle pour faire 10 à 15 % d'économies sur les coûts d'infrastructures par la mise sous pression des sous-traitants[47]. L'Arcep conclut que « SFR a désormais le plus petit réseau très haut débit du marché, avec seulement 39 % de la population couverte » en propre, hors location des antennes Bouygues Telecom par accord de mutualisation[47]. Cette stratégie de réduction des coûts continue en 2015, notamment avec une délocalisation des centres d'appel de l'entreprise vers le Portugal[49],[50],[51] et Madagascar[52]. Cette stratégie est dénoncée par les syndicats, mobilisés le [51],[52].
Le , le groupe annonce le lancement du service de vidéo à la demande Zive et lance une nouvelle box arborant également cette marque[53].
En , le régulateur met SFR et Bouygues Telecom en demeure par anticipation, obligeant les deux opérateurs liés par accord à exécuter de combler leur retard dans le déploiement de la 4G via les 800 MHz, notamment dans les communes rurales[54]. En ce qui concerne la qualité du réseau 2G, l'Arcep rappelle en que « les opérateurs sont conjointement tenus d'apporter grâce à un réseau mutualisé et moyennant un financement public[55], une couverture de base dans un certain nombre de centres-bourgs qui ont été identifiés par l'État comme absolument non couverts »[56].
Le , Numericable Belux devient SFR en Belgique et au Luxembourg[57].
Au premier semestre 2016, la CNIL et la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) enregistrent plusieurs plaintes de la part de clients SFR[58]. Plusieurs forums font état d'un démarchage téléphonique « agressif » de la part des services commerciaux de l'opérateur[59]. SFR nie son implication dans ces démarchages « ping-call »[59]. Cependant, dans sa publication annuelle du [60] et, pour la deuxième année consécutive, l'Observatoire de l'Afutt sacre en 2016 SFR comme le « champion de l’insatisfaction client », tant sur mobile que sur l'Internet fixe[61]. En 2018, l'Afutt signale que SFR arrive en tête du nombre de plaintes pour la seconde année consécutive ; les réclamations portent sur les services de télévision, téléphonie et Internet[62]. En , l'association UFC - Que Choisir attribue son « cactus d'Or » à SFR pour exploiter le pire service consommateur de France[63]. 38 % des clients de SFR se disent insatisfaits des prestations selon une consultation menée par 60 Millions de consommateurs, contre 12 % chez Orange et 7 % chez Free[64]. En , Les Jours publie un article révélant que des salariés de l'opérateur ont reçu une lettre d’entretien préalable au licenciement, avec mise à pied immédiate, après avoir indiqué à des clients mystères des démarches permettant de résilier un abonnement chez SFR[65],[66],[67].
En , les fédérations CGT des télécommunications (FAPT) protestent contre le projet de délocalisation, menaçant quelque 3000 emplois[68]. Un appel à la grève est lancé le [68].
Le , une nouvelle affaire portant sur des employés d'une boutique SFR à Antony est dénoncée sur les réseaux sociaux[69]. La LICRA interpelle SFR sur des propos sexistes et antisémites de deux de ses salariés à l'encontre de clients[70]. La vidéo circulant en direct sur le réseau Périscope (YouTube) est supprimée[70]. Les deux responsables de cette affaire font l'objet d'une mise à pied[70] et encourent jusqu'à 45 000 euros d'amende et un an de prison pour provocation à la discrimination en raison de la religion et provocation à la haine ou à la violence en raison du sexe[71].
En , Patrick Drahi remet en cause la promesse de sauvegarder les emplois pour une durée de trois ans signée en 2014 et se plaint de ne pas être concurrentiel, en argumentant que ses concurrents auraient eux-mêmes licencié[72]. Dans la foulée, SFR annonce la suppression de 5 000 postes, soit plus d'un tiers des effectifs globaux[73].
Branche télécom de SFR Group puis d'Altice France (depuis 2016)
[modifier | modifier le code]Restructuration
[modifier | modifier le code]En , la marque Numericable-SFR disparaît et devient SFR Group[74].
SFR se rapproche du pôle média d'Altice dans la perspective de racheter la participation minoritaire de 49 % d'Altice dans NextRadioTV et pour acquérir Altice Media Group[75]. Cette opération donne naissance à trois pôles : SFR Telecom (branche principale du groupe), SFR Média (bouquet de chaînes sportives) et SFR Publicité (régie commerciale)[76].
En , la presse annonce que l'entreprise a perdu un million d'abonnés en un an et qu'elle accuse une perte trimestrielle de 41 millions d’euros au premier trimestre 2016[77]. Elle met également en évidence le considérable endettement du groupe, estimé à 50 milliards[78]. Le , Patrick Drahi évoque une situation de sureffectif pour SFR[79]. En , SFR annonce la suppression de 5 000 postes, soit un tiers de ses effectifs, d'ici à l'année 2019[80].
SFR Média, dirigée par Alain Weill, est composée d'un bouquet de cinq chaînes sportives SFR Sport pour retransmettre notamment les matchs de la Premier League (ligue anglaise de football), dont les droits ont été acquis par Altice, ainsi que de la chaîne BFM Sport, consacrée à l'actualité sportive, s'appuyant sur les équipes de la station de radio RMC et de la chaîne locale BFM Paris basée en Île-de-France. Une série dénommée Les Médicis : Maîtres de Florence, ainsi qu'une application kiosque SFR Presse commercialisant les titres de presse du groupe, sont également prévues[81].
En , le groupe Altice annonce son intention de regrouper la plupart de ses activités sous son seul nom. Dans le cadre de ce regroupement, la marque SFR doit être associée à Altice[82]. Dès lors, le , le réseau mobile SFR prend le nom « SFR Altice » comme transition vers la marque Altice[83]. Toutefois, cette décision est abandonnée en [84] à la suite des déboires du groupe, parmi lesquels la forte chute de l'action boursière et des résultats financiers de SFR, en 2017.
Fin 2017, SFR est provisoirement le deuxième opérateur français en parts de marché derrière Orange ; la société compte à cette période 14,378 millions de clients abonnés au mobile, 5,943 millions de foyers abonnés à Internet, dont 2,231 millions de foyers abonnés au très haut débit ainsi que plus de 250 opérateurs souscripteurs et 150 000 entreprises et administrations[85],[86].
En 2019, Altice France génère un chiffre d'affaires de 10,8 milliards d'euros, en particulier grâce à SFR, dont l'EBITDA a progressé de 10,8 % par rapport à 2018, à 4,2 milliards d'euros[87]. SFR est alors le deuxième opérateur en termes de clients, avec 15,85 millions d'abonnés mobiles (652 000 souscriptions de plus) et 6,36 millions d'abonnés à ses offres sur le fixe (144 000 abonnés supplémentaires)[87].
Du fait de la pandémie de Covid-19, SFR place en chômage partiel 3 500 salariés (environ 40 % de ses effectifs) et adapte son offre pour permettre à ses abonnés de mieux supporter le confinement[87].
En , SFR annonce la suppression de 1 700 postes dont 400 en magasins, en raison notamment de la baisse de fréquentation à la suite de la pandémie de covid-19[88]. Le reste de suppressions de postes touche une grande partie des activités Grand public, réseau, B2B, ressource humaine[89]. Les syndicats Unsa, CFDT et CFTC dénoncent un « scandale social, économique et financier »[90]. En , SFR annonce le rachat de l'opérateur mobile virtuel (MVNO) Syma[91]. Cette acquisition entre dans le cadre d'une lutte commerciale avec Bouygues pour racheter le plus de MVNO en France afin de réduire la concurrence[92]. En , Grégory Rabuel quitte Altice France, et donc son poste de PDG de SFR[93], et il est remplacé à la présidence par Mathieu Cocq[94].
En 2021, dans son plan stratégique, l'entreprise annonce la suppression de 1 700 emplois supplémentaires[95].
En , l'Arcep publie un rapport sur la satisfaction client : SFR obtient 7,4/10, Bouygues 7,7/10, Free et Orange 8,0/10[96].
Le , SFR fait l'objet d'une fuite massive de données numériques dont notamment l'IBAN de ses abonnés[97]. Le nombre de clients impactés n'est pas rendu public[97].
Le , l'opérateur subit une panne nationale privant l'ensemble de ses abonnés fixe et réseau mobile ainsi que d'Internet, pendant toute une journée[98].
Le , SFR annonce mettre définitivement fin au réseau coaxial d'ici le en Île-de-France et Val-d'Oise, et le dans le département de l'Isère, ce qui concerne 400 000 abonnés, incités à passer à la fibre optique[99].
Difficultés liées à la dette du groupe (2025-2026)
[modifier | modifier le code]En 2025, le poids de la dette devient difficile à supporter. En , SFR trouve un accord avec ses créanciers pour restructurer sa dette[100]. Cependant, cela n'empêche pas l'opérateur d'être placé sous procédure de sauvegarde accélérée du fait de ses difficultés économiques liées à un contexte télécom très concurrentiel[101].
En , la presse financière estime que le groupe Altice prépare la vente de l'opérateur SFR[102],[103],[104],[105]. Le , il est annoncé que SFR pourrait être prochainement en procédure de sauvegarde et que les clients SFR risquent de basculer chez un autre opérateur si cela est fait ; l'Autorité de la concurrence annonce « qu'elle n'est pas fermée à l'idée de se retrouver à trois opérateurs au lieu de quatre habituellement, mais que cela dépendait fortement du dossier, s'il est jugé sérieux, et que cela dépendrait des enjeux »[106],[107],[108]. Après la perte d’un million de clients dans la téléphonie mobile en 2024, l'entreprise parvient cependant à endiguer la perte de ses clients sur le premier trimestre 2025 avec un gain de 8 000 clients en téléphonie mobile, mais une perte de 5 000 abonnés sur l'Internet fixe[109].
En septembre, Arthur Dreyfuss, PDG d'Altice France, s'exprime dans une interview dans laquelle il se veut rassurant : « on va passer de près de 25 milliards à un peu plus de 15 milliards d'euros de dette. Nous allons réduire nos frais financiers annuels de 400 millions d'euros. Et nous avons repoussé nos échéances de dette qui sont désormais étalées entre 2028 et 2033. Et tout ça sans aucun impact sur l'organisation de l'entreprise, sans aucun impact sur l'emploi, sans impact sur les clients, sans impact sur les partenaires. En contrepartie, les créanciers auront 45% du capital d'Altice France. […] On peut donc acter que les vents contraires sont derrière nous »[110]. Début octobre, la dette de SFR est réduite, passant de 24 milliards à 15,5 milliards d'euros, les créanciers obtenant 45 % des parts du capital du groupe en échange[111]. Cette réduction de la dette est validée par la Cour d'appel de Paris en décembre[112].
Le , via un communiqué de presse[6], Bouygues Telecom, Orange et Free (groupe Iliad) annoncent une offre conjointe non engageante pour le rachat de la majeure partie des activités télécoms de SFR[7] pour 17 milliards d'euros[113]. Altice refuse leur offre le lendemain[8].
Début 2026, soit trois mois plus tard, les négociations sont restées au point mort, les trois autres opérateurs refusant de faire une offre plus haute[113]. Patrick Drahi envisage donc de vendre les actifs de SFR par branche[113]. SFR a notamment reçu quatre offres pour Netco, son réseau de fibre dans les grandes villes, valorisant cet actif entre 4,5 et 5,8 milliards d’euros, et cinq offres pour SFR Business, valorisant cet actif entre 1,85 et 2,3 milliards d’euros[113].
Le , Patrick Drahi accepte une nouvelle offre de rachat conjointe[114].
Le 15 mai 2026, Franciliens.net publie une offre de rachat de SFR pour 1 euro[115],