Aller au contenu

Pork-knocker

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Le pork-knocker est un prospecteur guyanien d'or et de diamants, travaillant dans les plaines alluviales de l'intérieur du Guyana. Les pork-knockers sont à l'origine de la découverte de grands gisements d'or et de diamants. Leur nom fait référence à leur alimentation habituelle, le cochon sauvage.

Les petites exploitations d'or des afro-guyaniens permettent aux populations locales d'éviter le chômage et le travail agricole. L'exploitation minière reste traditionnelle pour les afro-guyaniens jusqu'au XXe siècle[1].

En 1921, la plupart des pork-knockers de cette période sont des descendants d'africains ; ils travaillent seul ou en petits groupes[2].

Les pork-knockers travaillent parfois à proximité les uns des autres, d'où des conflits, des actes de violence, pouvant entraîner mort d'hommes[3].

Les conditions de travail sont dangereuses ; des mineurs peuvent être écrasés sous des arbres ou des rochers, ou enterrés[4].

L'éloignement des zones peuplées et les espaces sauvages interdisent des soins médicaux d'urgence[1].

L'auteur caribéen A. R. F. Webber suggère que le terme[5] pourrait signifier : « heurtoir de tonneau de porc »[6].

Culture et conflit

[modifier | modifier le code]

La réussite donne au mineur du prestige social et la possibilité d'injecter de l'argent dans l'économie. L'égoïsme est associé à la méfiance, il porte préjudice à l'économie. La croyance populaire veut que lorsqu'un mineur est avare, la terre le privera de ressources[7].

La présence de pork-knockers au Guyana bouleverse le mode de vie des autochtones. Le peuple Akawaio fait face à des contentieux territoriaux avec les pork-knockers et est affecté par une hausse du coût de la vie. L'anthropologiste Audrey Butt Colson remarque que l'exploitation minière entraîne l'effondrement de l'économie de subsistance. Elle écrit que le village minier de Kamarang, connu comme la Red Light City, est l'archétype du syndrome du pork-knocker, attaché à la boisson, le jeu, le sexe et la violence[8].

L'exploitation minière est aussi pratiquée par les autochtones, mais selon un mécanisme social différent ; ils se distinguent de ceux qui viennent de la côte du Guyana (appelés « coastlanders »). L'exploitation minière de l'arrière-pays apporte un complément à l'agriculture, et les recettes sont consacrées à la consommation des ménages[7].

Culture populaire

[modifier | modifier le code]

Des chansons populaires sont inspirées par les pork-knockers ; elles abordent souvent les dangers de l'extraction minière et l'espoir de trouver de l'or. En 1996, le dramaturge Harold Bascom remporte le Guyana Prize pour Makantali, inspiré par la chanson du même nom[9].

Beaucoup d'histoire guyaniennes racontent des pork-knockers qui ont fait fortune et qui finissent de manière tragique ou comique[10]. L'auteur Jan Carew écrit en 1958 le roman Black Midas : un garçon quitte son village côtier pour devenir pork-knocker[11].

Sheik Sadeek, romancier et dramaturge, écrit des histoires sur la classe ouvrière de l'ère coloniale du Guyana[12] ; il utilise souvent les pork-knockers comme sujet  ; parmi ses ouvrages, une pièce de théâtre est intitulée Porkknockers[13].

En 2010, l'artiste guyanien Barrington Braithwaite publie une bande dessinée illustrant l'histoire des pork-knockers en collaboration avec la Commission de géologie et des Mines du Guyana[14]. Un autre « roman graphique » de Braithwaite, Mighty Itanamie, est une fiction surnaturelle basée sur des légendes de heurtoirs de pork-knocker[15].

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. 1 2 (en) B. Josiah, Migration, Mining, and the African Diaspora : Guyana in the Nineteenth and Twentieth Centuries, Springer, (ISBN 978-0-230-33801-2, lire en ligne)
  2. ↑ « Diamond Production Makes Great Increase », Engineering and Mining Journal, vol. 111, no 8,‎ , p. 363 (lire en ligne)
  3. ↑ « Mining Reporter: Life on the Cayenne Gold Fields », Mining American, vol. 49,‎ , p. 86 (lire en ligne)
  4. ↑ (en-US) GTIMES, « Woman miner crushed to death after pit collapses », sur Guyana Times, (consulté le )
  5. ↑ Dictionary of Caribbean English usage, Kingston, Jamaica u.a., University of the West Indies Press, (ISBN 9789766401450, lire en ligne Inscription nécessaire), « Pork-knocker », 450
    « pork knocker. »
  6. ↑ The Amerindians in Guyana, 1803–73 : A Documentary History, Londres, Cass, (ISBN 978-0-7146-4030-3, lire en ligne), p. 300
  7. 1 2 Terry Roopnaraine, « Symbolising Value: Culture and Economy Among Guyanese Gold and Diamond Miners », Cambridge Anthropology, vol. 19, no 3,‎ , p. 22–42 (ISSN 0305-7674, JSTOR 23818796, lire en ligne)
  8. ↑ Communities and Conservation : Histories and Politics of Community-based Natural Resource Management, Walnut Creek, Calif., AltaMira Press, (ISBN 978-0-7591-0506-5, lire en ligne), « Maps, Power, and the Defense of Territory », p. 289
  9. ↑ (en-US) Al Creighton, « The porkknocker contribution to Guyanese culture », sur Stabroek News, (consulté le )
  10. ↑ « Searching for Diamonds », World Digital Library (consulté le )
  11. ↑ Gordon K. Lewis, The Growth of the Modern West Indies, Kingston, Jamaica, I. Randle, (ISBN 9789766371715, lire en ligne), p. 292
  12. ↑ (en-US) « THE ARTS FORUM », sur kaieteurnewsonline.com, Kaieteur News, (consulté le )
  13. ↑ (en) Don Rubin et Carlos Solorzano, World Encyclopedia of Contemporary Theatre : The Americas, Routledge, , 187 p. (ISBN 978-1-136-35921-7, lire en ligne)
  14. ↑ (en-US) « Braithwaite launches 'Illustrated History of the Porkknocker' », sur Guyana Chronicle, (consulté le )
  15. ↑ (en-US) Michael Jordan, « Barrington Braithwaite's 'Mighty Itanamie' », sur Kaieteur News, (consulté le )

Articles connexes

[modifier | modifier le code]