Microsoft
| Microsoft | |
Logo de Microsoft. | |
Le Building 92 au quartier général de Microsoft à Redmond. | |
| Création | [1], 51 ans, 140 jours |
|---|---|
| Dates clés | 1981 : lancement de MS-DOS 1985 : lancement de Windows 1.0 1992 : lancement de Office 2001 : lancement de la Xbox 2007 : rachat de aQuantive 2011 : achat de Skype 2014 : achat de Nokia mobile OY et rachat de Mojang AB 2016 : rachat de LinkedIn 2018 : rachat de GitHub 2020 : rachat de ZeniMax Media 2021 : rachat de Nuance Communications 2023 : rachat de Activision Blizzard |
| Fondateurs | Bill Gates, Paul Allen[2] |
| Personnages clés | Bill Gates, Steve Ballmer, Paul Allen, Satya Nadella, Steven Sinofsky, Phil Spencer |
| Forme juridique | Corporation Société anonyme avec appel public à l'épargne |
| Action | NASDAQ (MSFT) Bourse de Hong Kong (4338) |
| Slogan | empower every person and organization on the planet to achieve more (« Microsoft donne à chaque individu et chaque organisation les moyens de réaliser ses ambitions ») |
| Siège social | Redmond |
| Direction | Satya Nadella (depuis le ) |
| Actionnaires |
Pour le détail voir le tableau dédié. |
| Activité | Système d'exploitation, logiciels, jeux vidéo, téléphonie mobile, tablette/ordinateur, objets connectés, télécommunication, logiciel |
| Produits | |
| Filiales | Microsoft Mobile OY LTD (anciennement Nokia) |
| Partenaires | ID2020 |
| Effectif | 228 000[3] |
| Site web | www.microsoft.com |
| Capitalisation | 3 123 milliards de $[4] () |
| Fonds propres | |
| Dette | |
| Chiffre d'affaires | +18 % |
| Bilan comptable | 512,1 G$ () |
| Résultat net | +31 % |
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Microsoft Corporation (/ˈmaɪkɹəˌsɔft ˌkɔɹpəˈɹeɪʃən/[7] ⓘ) est une multinationale informatique et micro-informatique américaine, fondée le par Bill Gates et Paul Allen[8]. La firme fait partie des géants du Web, appelés GAFAM (avec Google, Apple, Facebook et Amazon), ainsi que des principales capitalisations boursières du NASDAQ[9], aux côtés d'Apple et d'Amazon. En 2026, son chiffre d'affaires s'élevait à 331,8 milliards USD pour un bénéfice net de 133,7 milliards USD[10],[6]. Elle est dirigée, depuis le , par Satya Nadella qui succède à Steve Ballmer et Bill Gates en qualité de directeur général[11],[12]. En 2020, l'entreprise emploie 148 000 personnes dans 120 pays[3].
Son activité principale consiste à développer et vendre des systèmes d'exploitation, des logiciels et des produits matériels dérivés. Les meilleures ventes historiques sont portées par les systèmes d'exploitation MS-DOS puis Microsoft Windows, et la suite bureautique Microsoft Office, qui alimentent à présent une politique de diversification. Windows a atteint une position dominante sur les ordinateurs personnels, avec 90 % de parts de marché dans le monde des PC Desktop (ZDNET, , cumul Windows 7, Windows 10)[13]. Microsoft est présent dans l'informatique en nuage (Microsoft Azure), les sites Web (moteur de recherche Microsoft Bing, réseau social LinkedIn, messagerie électronique Outlook.com), les consoles de jeu vidéo (Xbox) et les tablettes PC (Microsoft Surface).
La vigoureuse stratégie commerciale menée par Microsoft lui a valu des déboires judiciaires, notamment aux États-Unis et dans l'Union européenne. Cette stratégie s'est notamment appuyée sur le principe d'Embrace, extend and extinguish, l'abus de position dominante de Microsoft Windows, et la vente liée.
Microsoft est présent dans les pays suivants : Irlande, Allemagne, Belgique, Canada, Danemark, Espagne, Autriche, France, Suisse, Italie, Finlande, Mexique, Pays-Bas, Royaume-Uni, Turquie, Émirats arabes unis et la Pologne offrant une grande variété de produits et de services. Microsoft est également présent dans d'autres pays, où ils réalisent des fonctions de support, comme : Australie, Argentine, Brésil, et la république de l'Inde[14].
Histoire
[modifier | modifier le code]Création et début de l'entreprise
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La société est née en sous le nom original de Micro-Soft, à Albuquerque, dans le Nouveau-Mexique, du besoin de deux étudiants américains, Bill Gates et Paul Allen, de formaliser la vente de l'interpréteur de langage informatique BASIC : Altair BASIC adapté par eux deux et Monte Davidoff (ou qu’ils avaient acheté à partir d’un freeware)[15], pour ce qui est considéré comme le premier ordinateur personnel américain, l'Altair 8800, de la société MITS, avec le premier langage de programmation pour micro-ordinateur de l'histoire de l'informatique. La marque Microsoft (Le trait d'union disparaîtra quelques années plus tard) fut déposée le [16],[17].
À l'origine, la société avait été fondée pour développer et vendre des programmes informatiques BASIC pour l'Altair 8800, puis elle est devenue un des sous-traitants d'IBM. Pour de nombreux historiens, la décision d'IBM de confier en 1979 le soin d'écrire le système d'exploitation de ses micro-ordinateurs à un éditeur de logiciels aussi peu expérimenté que Microsoft, vient de la « peur des juges » ressentie par IBM après de longues années de conflit judiciaire lors des procès anti-monopole contre IBM des années 1960 et 1970[18].
Microsoft a par la suite réussi à dominer le marché du système d'exploitation de l'ordinateur personnel avec MS-DOS au milieu des années 1980. Elle a pu ensuite s'affranchir d'IBM. L'introduction en bourse de la société, et l'envolée du prix des actions qui s'ensuivit, ont fait quatre milliardaires et environ 12 000 millionnaires parmi les employés de Microsoft[19],[20].
Au cours de son histoire, la société a été critiquée pour abus de position dominante, parfois devant la justice américaine et européenne, ou pour des copies, ces dernières critiques s'étant atténuées après la paix Apple-Microsoft de 1997[21],[22],[23].
Ce premier contrat de Microsoft représenta le véritable tour de force de Bill Gates, étant peut-être même plus important pour cette société que le rôle que jouera ensuite MS-DOS : contrairement à ce qui se faisait à l'époque, où les constructeurs achetaient aux éditeurs leurs logiciels avec tous les droits, Bill Gates et Paul Allen demandèrent de recevoir chacun trois mille dollars pour leur Altair BASIC tout en restant propriétaires, et ne concédèrent qu'une licence à MITS, qui devait leur reverser trente-cinq dollars par exemplaire distribué. À titre indicatif le prix de vente de l'Altair 8800 étant de 397 dollars, la licence de Microsoft en représentait donc 8,8 %. C'est ainsi que le BASIC de Microsoft se retrouva dans deux micro-ordinateurs populaires introduits en 1977 : le PET de Commodore et le TRS-80 de Tandy[24].
Au cours de cette période, l'informatique évolue et dépend moins des « grands systèmes IBM », les constructeurs proposant une informatique plus décentralisée. En 1980, IBM s'apprêtant à lancer l'IBM PC, a demandé son BASIC (dont une version en mémoire ROM) à Microsoft. IBM a, par ailleurs, demandé à la société Digital Research, dirigée par Gary Kildall, de lui fournir une version de son système d'exploitation CP/M[25].
L'histoire du contrat manqué par Gary Kildall est très controversée. La version avancée par de nombreuses personnes, dont Tim Paterson, qui sera bientôt amené à travailler pour Microsoft, et la moins contestée, affirme que Kildall et son ancienne épouse, Dorothy McEwen, auraient refusé de signer un accord de confidentialité. De plus, ils ont refusé de modifier CP/M-86, ont demandé une redevance plus élevée, et surtout, le CP/M 86 étant totalement exempt de bugs, n'ont pas autorisé IBM à en modifier le codage[25].

IBM se tourna alors vers Microsoft, et voulut sous-traiter CP/M pour l'IBM PC. Le contrat avec Microsoft ne le permettant pas, celui-ci dépensa 25 000 $ en pour une licence non exclusive pour un système d'exploitation, disponible à un stade expérimental, clone de CP/M, le QDOS (« Quick and Dirty Operating System », littéralement « système d’exploitation vite et mal fait »). En , Microsoft engagea Tim Paterson pour porter QDOS sur l'IBM PC. En , Microsoft acheta tous les droits sur 86-DOS pour cinq mille dollars. IBM vit ainsi sauvé son projet d'IBM PC, mais au prix, qu'elle ignora, de la perte de sa position dominante : cet accord va permettre de réaliser des clones, et surtout, à IBM d'empocher des redevances sur le MS-DOS pour les correctifs qu'elle y a apportés (débogage). IBM avait détenu jusqu'à 66 % du marché des mainframes propriétaires ; sa part du marché des PC ne dépassa jamais un maximum de 21 %, atteint vers 1983, puis a décliné pour placer ce constructeur derrière Dell et Compaq (aujourd'hui intégrée par Hewlett-Packard), situation devenue marginale, inimaginable en 1981[26],[27].
Microsoft vendit donc à IBM des licences pour ce système d'exploitation tiers, le 86-DOS, écrit par Tim Paterson de Seattle Computer Products pour le microprocesseur Intel 8086 (le Intel 8088 qui équipa le Compatible PC est compatible avec le Intel 8086, et juste un peu moins rapide que ce dernier, et possède le même langage machine). Le MS-DOS devint ainsi l'un des trois systèmes d'exploitation disponibles pour l'IBM PC, avec CP/M 86 (Gary Kildall mis face à une concurrence a fini par se laisser convaincre) et PC/IX, une version d'UNIX ne possédant pas de mode de protection mémoire. Microsoft a acheté pour 50 000 dollars le logiciel qui va ériger son empire, même si elle a dû en compléter le développement pour répondre au cahier des charges d'IBM. Celui-ci fut édité sous le nom d'IBM PC-DOS 1.0 lors de l'introduction des IBM PC sur les marchés anglophones, le . Étant plus léger, moins cher et rendu plus disponible que ses deux concurrents, il devint rapidement le système d'exploitation installé d'office sur les IBM PC, puis plus tard des Compatible PC[28],[29].
Comme pour le BASIC, Microsoft s'est réservé le droit de vendre des licences à d'autres constructeurs sous le nom de MS-DOS. Avec l'essor des Compatible PC dès le milieu des années 1980 (de Texas Instruments, Compaq, Seiko Epson, Thomson, Amstrad…), MS-DOS s'imposa rapidement et devient de facto la plate-forme de référence professionnelle et, selon les points de vue, un monopole. En 1987, des milliers de constructeurs de compatible PC existaient dans le monde, et tous sans exception avaient un point de passage obligé qui était le système d'exploitation de Microsoft, le plus performant de tous, dans un souci, crucial pour le monde professionnel, d'unité, de standardisation, et de portabilité de tous les ordinateurs compatible PC[30].
Montée en puissance de Microsoft
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D'abord simple environnement graphique pour MS-DOS, Windows est devenu entre 1993 et 2001 un système d'exploitation à part entière. Quelques coups de stratégie de marketing ne sont pas étrangers à ce succès, comme l'ajout de trois touches « Windows » sur les claviers afin de marquer celui-ci dans l'esprit du consommateur comme « étant fait pour Windows » et marginaliser ainsi le concurrent potentiel OS/2 développé par IBM, et codéveloppé initialement par Microsoft et IBM, jusqu'au divorce officiel entre les deux sociétés en . Selon Microsoft, un soin particulier a également été apporté aux questions d'ergonomie, et en particulier à la question des polices de caractères typographiques, dès les versions 3.0 (Adobe Type Manager) et 3.1 (TrueType) de Windows[31].
Bien des années plus tard, Microsoft affirmera considérer son avance sur le plan de l'ergonomie comme l'atout qui permettra à Windows de survivre face à la concurrence libre de Linux et de KDE/GNOME. De fait, Microsoft consacre une part très importante de son budget aux questions d'ergonomie : un service observe toutes les hésitations d'utilisateurs novices, pour rendre les menus plus clairs, démarche fastidieuse et rarement réalisée sur des logiciels gratuits[32].
Windows est alors devenu un standard micro-informatique de facto solidement soutenu par l'effet réseau indirect de milliers de logiciels et de périphériques matériels spécifiques à Windows qui ont nécessité des milliards de journées/hommes de développement[33].
Quelques-uns s'y risqueront : Go Software, avec un produit performant, rapide, et très riche en fonctionnalités, mais alors que beaucoup d'applications sont déjà portées ou en cours de portage sous Windows (Go se reconvertira dans les interfaces de téléphones mobiles), ou Be Inc. avec le système d'exploitation BeOS, créé par Jean-Louis Gassée, alors patron de la R&D d'Apple. L'élaboration d'un produit capable de rivaliser avec Windows impliquerait de disposer, comme Microsoft, de revenus réguliers pendant les années nécessaires au développement d'un tel système. Or, le temps que celui-ci soit développé, Microsoft aurait déjà pris de l'avance, et éventuellement modifié les standards. La société Be propose tout de même BeOS, orienté d'emblée dans la gestion de la vidéo : ce système d'exploitation ne décollera jamais vraiment hors d'un cercle de passionnés. Et Be intentera d'ailleurs un procès antitrust contre Microsoft pour abus de position dominante, qui s'achèvera par un accord financier à l'amiable entre les deux sociétés[34],[35].
En 1986, Microsoft lance l'environnement graphique Windows 1.0, peu après la sortie des produits concurrents GEM de Digital Research et Mac OS d'Apple. La version 1.0 de Windows, rudimentaire – les fenêtres ne peuvent même pas se chevaucher –, n'inquiète pas sérieusement Apple, qui ne réagit pas. La version 2.0 est une concurrence plus sérieuse, et Apple intente un procès contre Microsoft pour plagiat, peu de temps après avoir intenté un procès similaire contre Digital Research. Cette dernière usa de tous les moyens légaux pour faire traîner le procès en longueur. Apple perdit définitivement son procès contre Microsoft en appel en 1994. Apple, en situation financière délicate, menaça ensuite d'attaquer à nouveau Microsoft, ce qui aboutit à un règlement à l'amiable en 1997, au moment du retour de Steve Jobs à la tête d'Apple, appelé « paix Apple-Microsoft » de 1997, ce qui l'a sortie de grosses difficultés[36].

Cet accord comprenait une prise de participation temporaire de Microsoft dans le capital d'Apple (à hauteur de 150 millions de dollars soit 6 % du capital de la pomme), et l'obligation pour Microsoft de développer Internet Explorer et Microsoft Office pour Mac OS au moins jusqu'en 2002. En échange, Apple abandonnait ses poursuites[37]. Pendant douze ans et demi, Microsoft a conservé le record de la plus grande capitalisation de l'histoire boursière[15], avec le niveau de 620,58 milliards de dollars atteint le . Le , ce record est battu par Apple, à 622,10 milliards de dollars, grâce au succès populaire de ses appareils mobiles iPhone et iPad[38].
Un facteur important de l'adoption généralisée de Windows a été son rôle d'interface non seulement graphique, mais également de pilotes. Sous MS-DOS, chaque éditeur de logiciel devait développer individuellement la gestion de tout le panel des milliers de périphériques compatible PC existants et à venir. Tâche colossale que les éditeurs de logiciels n'ont plus à gérer sous Windows dans la mesure où celui-ci se charge de gérer lui-même en standard tous les pilotes de périphériques de l'univers compatible PC[39],[25].
Le Campus Microsoft est le nom informel du siège social de Microsoft, situé au One Microsoft Way à Redmond, Washington. Microsoft s'est d'abord installé sur les lieux le , puis la société est entrée en bourse le . Le siège a depuis connu de multiples expansions[3]. On estime qu'il englobe plus de 740 000 m2 d'espace de bureau et 30 000 à 40 000 employés[3]. D'autres bureaux sont situés à Bellevue et Issaquah (90 000 employés dans le monde). En , Microsoft a annoncé l'achat de campus de Redmond Safeco. (Anciennement un des principaux employeurs de Redmond, Safeco a commencé à consolider ses bureaux dans le quartier universitaire de Seattle à la Tour Safeco en 2005)[40].
En , Microsoft a annoncé qu'il avait l'intention d'étendre son campus de Redmond de 100 000 m2 pour un coût d'un milliard $ et a dit que ce serait pour créer un espace pour entre 7 000 et 15 000 nouveaux employés au cours des trois années suivantes[41].
L'histoire de Microsoft ne se résume cependant pas à celle de Windows. D'autres pans importants de l'activité de Microsoft ont permis sa croissance :
- Ses logiciels d'application commercialisés maintenant autour de la suite Microsoft Office. Au départ, il s'agissait de Multiplan, qui concurrençait notamment Lotus 1-2-3, et Word, qui concurrençait