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Gap

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Gap
Gap
Blason de Gap
Blason
Image illustrative de l’article Gap
Logo
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Hautes-Alpes
(préfecture)
Arrondissement Gap
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté d'agglomération Gap-Tallard-Durance
(siège)
Maire
Mandat
Roger Didier (DVD)
2026-2032
Code postal 05000
Code commune 05061
Démographie
Gentilé Gapençais
Population
municipale
41 293 hab. (2023 en évolution de +0,97 % par rapport à 2017)
Densité 374 hab./km2
Population
unité urbaine
41 764 hab. (2023)
Géographie
Coordonnées 44° 33′ 34″ nord, 6° 04′ 43″ est
Altitude Min. 625 m
Max. 2 361 m
Superficie 110,43 km2
Type Centre urbain intermédiaire
Unité urbaine Gap
(ville-centre)
Aire d'attraction Gap
(commune-centre)
Élections
Départementales Cantons de Gap-1, de Gap-2, de Gap-3 et de Gap-4
(bureau centralisateur)
Législatives Première circonscription
Localisation
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Gap
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Gap
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Gap
Liens
Site web ville-gap.fr

Gap (/gap/) est une commune française d'un peu plus de 40 000 habitants. Elle est la préfecture du département des Hautes-Alpes, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, et la ville la plus peuplée de la moitié sud du massif alpin. La ville est située au carrefour d'un axe nord-sud reliant Grenoble à Sisteron et d'un axe est-ouest reliant la vallée du Rhône à Briançon.

Gap est située dans une région montagneuse faiblement peuplée. Elle occupe une vallée, le sillon de Gap, modelée par le glacier de la Durance durant la dernière glaciation. Le cœur urbain est situé à une altitude de plus de 700 mètres mais on trouve sur son territoire des sommets de près de 2 000 mètres (montagne de Charance, pic de Gleize) ou les dépassant (Raz de Bec à 2 385 m). La ville bénéficie d'un climat méditerranéen sous influence montagnarde caractérisé par un ensoleillement important et des hivers froids.

Gap était historiquement rattachée au Dauphiné. Peu concernée par la révolution industrielle du XIXe siècle malgré l'arrivée du chemin de fer en 1875, la commune est restée relativement rurale jusque dans les années 1950. Elle connaît alors une forte hausse démographique qui résulte de son rôle de pôle commercial et de services du département. La croissance de sa population se poursuit à un rythme plus modéré au début des années 2020. Relativement isolée sur le plan géographique, Gap a développé une économie d'autosubsistance reposant sur les secteurs public et tertiaire.

Géographie

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Localisation

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Gap est située dans le sud-est de la France au cœur du massif alpin. Elle se trouve à la limite nord des Alpes du Sud dont elle constitue, avec un peu plus de 40 000 habitants, la ville la plus peuplée. Elle est située à 103 kilomètres au sud de Grenoble par la route (75 kilomètres à vol d'oiseau), à 151 kilomètres au nord d'Aix en Provence (125 kilomètres à vol d'oiseau), à 160 kilomètres à l'est de Valence (103 kilomètres à vol d'oiseau) et à 674 kilomètres de Paris (551 kilomètres à vol d'oiseau).

Gap se trouve au croisement de deux axes de circulation majeurs. L'axe nord-sud relie Grenoble au nord par route Napoléon (RN 85) en empruntant le col Bayard à Aix-en-Provence au sud via l'autoroute A 51 ; l'axe est-ouest relie la vallée du Rhône, à l'ouest, à l'Italie, à l'est (via les RN 94-RD 994 et la ville de Briançon)[1].

Communes limitrophes

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Dix-sept communes sont limitrophes de Gap[2] :

Représentations cartographiques de la commune
Carte OpenStreetMap
Carte topographique

Géologie et relief

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Vue hivernale du pic de Charance (1 825 m), sommet emblématique de la commune.

Le territoire de la commune de Gap est situé pour l'essentiel dans le fond et sur les flancs d'une vallée glaciaire en forme de croissant, le sillon de Gap, qui s'insère entre trois massifs : au nord-ouest le massif du Dévoluy, au nord le massif des Écrins et au sud-est le massif du Colombis. Les reliefs de ces massifs délimitent le contour de la commune : crête de Charance (Massif du Dévoluy) et col Bayard au nord, collines de Saint-Mens dans le massif du Colombis. La vallée glaciaire rejoint la vallée de la Durance à l'est au niveau du lac de Serre-Ponçon et au sud-ouest au niveau de la commune de Tallard[3]. Le sillon de Gap est une large vallée dont le fond se trouve à environ 735 mètres d´altitude et dont le flanc ouest atteint près de 2 000 mètres (montagne de Charance et pic de Gleize). Le point culminant de la commune se trouve cependant hors de cette grande vallée, sur un autre bassin versant, au Raz de Bec, à 2 385 m, en limite communale, dans l'ancienne commune de Chaudun, fusionnée avec Gap à la fin XIXe siècle.

La vallée dans laquelle se situe Gap a été modelée par le glacier de la Durance[4] lors de la dernière période glaciaire appelée glaciation de Würm. Ainsi, les sols sont très souvent constitués par des dépôts morainiques. Pas moins de cinq niveaux de moraines latérales et frontales sont observables[5]. Celles-ci sont bien visibles, notamment sur les pentes sud du col Bayard, où elles forment par endroits des terrasses utilisées par l'agriculture. En se retirant, le glacier a également laissé des blocs erratiques de plusieurs mètres de haut. On peut citer entre autres les blocs erratiques de Peyre Ossel[6] et de la Justice[7].

Le glacier, qui au Quaternaire a modelé le sillon de Gap, présentait plusieurs diffluences : une vers le glacier du Drac par les cols de Manse et de Bayard[8] et une vers la vallée du Buëch par le seuil de La Freissinouse[9].

La couverture de débris morainiques omniprésente dans le sillon de Gap n'est pas le seul vestige de la glaciation du Quaternaire. On retrouve également la topographie typique des vallées glaciaires. L'emplacement même de la ville de Gap correspond à un ombilic glaciaire, où se sont déposées de grandes quantités d'argile. En amont, se situe le verrou glaciaire de Pont-Sarrazin et en aval celui de la Tourronde[10].

L'action mécanique du glacier de la Durance a été facilitée par la présence de couches relativement friables. La partie centrale et sud-est de la commune est principalement constituée de roches tendres (marnes noires Callovo-Oxfordien). Elles sont constituées de schistes argileux tendres de couleurs bleutées ou brunes[11]. Dans la partie nord-ouest, des roches plus dures de couleurs claires, en calcaires du Tithonien, forment par endroits des barres rocheuses voire des corniches[12].

Hydrographie

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Les deux maisons restantes restaurées (en bas à droite) de l'ancien village de Chaudun situées le long du Petit Buëch et dominées par le Raz de Bec plongé dans les nuages(2 385 m.) sommet le plus élevé de la commune. Ce territoire particulièrement montagneux a été annexé par la commune de Gap lors de l'abandon du village par ses habitants à la fin du 19e siècle.

Le territoire de la commune fait partie de trois bassins versants : ceux de la Luye, du Rousine et du Petit Buëch, eux-mêmes sous-bassins de la Durance.

La majorité du territoire fait partie du bassin de la Luye, un affluent de la Durance dont le cours mesure 22,6 kilomètres qui prend sa source à La Bâtie-Neuve peu avant de pénétrer sur le territoire de la commune et se jette dans la Durance en amont de Lettret quelques kilomètres après avoir quitté le territoire de Gap. Pour rejoindre la Durance, au lieu de suivre l'ancienne vallée glaciaire, il a creusé une gorge dans le massif du Colombis. Ses principaux affluents sont des torrents situés en rive droite qui descendent de la montagne de Charance ou du plateau Bayard et qui ont entaillé fortement la topographie. Ce sont les torrents du Buzon long de 5,1 kilomètres de Bonne (9,4 km) et de Tournefave. Des torents plus modestes car produits par des reliefs de moindre importance rejoignent la rive gauche de Luye : ce sont le canal de la Magdeleine (5,3 km), le Riotort (4,8 km) et le torrent du Partiment, long de 6,7 km. Le Riotort a contribué à façonner la topographie en créant une vallée qui sépare la colline de Saint-Mens et celle de Sainte-Marguerite[13],[14].

Le sud-ouest du territoire de la commune (quartier Saint-Jean) fait partie du bassin versant du Rousine, un affluent de la Durance qui se jette dans celle-ci au sud de Tallard. Sur le territoire de la commune il est alimenté par deux torrents qui descendent de la montagne de Charence : les torrents de Malecombe et de la Selle.

Au nord de la commune (situé de l'autre côté du col de Gleize), le cirque montagneux dont le centre était occupé autrefois par le village de Chaudun fait partie du bassin Petit Buëch. Cet affluent du Buëch lui-même affluent de la Durance prend sa source dans ce cirque à une altitude de 1 700 mètres à partir de plusieurs torrents qui y convergent[2],.

Un important canal artificiel alimente Gap en eau brute, destinée à être potabilisée et à l'irrigation (60 % de la consommation totale). Le canal de Gap, ou canal du Drac, long d'environ 30 kilomètres, conduit l'eau captée dans le Drac via un tunnel sous le col de Manse jusqu'au réservoir des Jaussauds (altitude 1 141 m[2]), où il se divise en deux branches, dont la principale contourne Gap par l'ouest jusqu'à Corréo en passant par Charance[15].

Les zones humides occupent une superficie d'environ 400 hectares en 2011 mais sont en régression. Ce sont principalement (par ordre d'importance) les bordures des cours d'eau et les plaines alluviales, des marais et des landes humides (plaine de Lachaup, les Terrasses, Les Abadous, Petit Séminaire...), des zones humides artificielles (lac de Charance notamment), des zones humides de bas-fond et en-tête de bassin (plateau de Bayard, col de Manse...) et des zones humides ponctuelles (Les Terrasses)[16].

Les eaux souterraines (nappe phréatique dans le sous-sol de Gap) se rattachent au « Domaine plissé BV Haute et moyenne Durance » un vaste aquifère très compartimenté dont les eaux alimentent de nombreuses sources de plusieurs communes. La qualité de cet aquifère est dégradée et il connait des chutes de pression importantes en période de sécheresse[17].

Le climat de Gap est méditerranéen sous influence montagnarde. En effet, le département est bien ouvert aux influences méditerranéennes par les vallées de la Durance et du Buëch tandis que l'altitude contribue à la note montagnarde qui accentue la pluviométrie. Au nord, le col Bayard constitue une limite climatique, Gap étant ainsi située au bord de la zone du climat méditerranéen. Localement appelé bise, le mistral s'y fait moins sentir que dans la vallée du Rhône. Les étés sont secs et chauds, les hivers sont humides et d'un froid modéré[18].

Ainsi, la caractéristique principale du climat local est l'importance de l'ensoleillement dont bénéficie la ville. En outre, les chutes de neige soulignent le caractère montagnard de la cité. Si les orages sont fréquents en été, le brouillard est plutôt exceptionnel.

Tableau comparatif des données météorologiques de Gap et de quelques villes françaises
VilleEnsoleillementPluieNeigeOrageBrouillard
Paris1 797 h/an642 mm/an15 j/an19 j/an13 j/an
Nice2 694 h/an767 mm/an1 j/an31 j/an1 j/an
Strasbourg1 637 h/an610 mm/an30 j/an29 j/an65 j/an
Gap2 511 h/an868 mm/an[19]19,1 j/an[20]32 j/an[21]7 j/an[21]
Moyenne nationale1 973 h/an770 mm/an14 j/an22 j/an40 j/an

Les tableaux ci-dessous représentent les moyennes des températures mensuelles.

Ils montrent aussi les températures moyennes maximales et minimales sur la période 1951-1970.

Températures en °C
MoisJanv.Fév.MarsAvr.MaiJuinJuil.AoûtSept.Oct.Nov.Déc.Moyenne année
Températures moyennes maximales(1951-1970)[22] 6,3 8 13,3 16,8 21,5 24,5 27,6 26,5 23 18,2 10,8 7,7 17,0
Températures mensuelles moyennes[19] 0,6 2,4 5,3 8,7 12,5 16,4 19,5 18,8 15,6 10,7 5 1,5 9,8
Températures moyennes minimales(1951-1970)[22] -4,6 -3,7 -0,3 2,3 6 9,2 11,2 10,5 8,5 3,9 0,1 -3,6 3,3

Des comparaisons avec les relevés de la période 1878-1940 ont montré des moyennes maximales plus faibles sur la période 1950-1970 pour les mois d'hiver et d'été. Sur cette même période, toujours pour les mois d'hiver et d'été, on a constaté des moyennes minimales en hausse. Ainsi, l'évolution du climat tend vers une atténuation très légère des différences entre les températures hivernales d'une part, et estivales d'autre part[22].

Les températures extrêmes soulignent aussi les composantes montagnardes et méditerranéennes du climat. En effet, le minimum absolu enregistré a été de −18 °C le 3 février 1956. Le maximum absolu a été de 38,5 °C observé le (station Météo France de Gap-Varsie).

Ci-dessous, on trouve les précipitations mensuelles moyennes.

Précipitations en mm
MoisJanv.Fév.MarsAvr.MaiJuinJuil.AoûtSept.Oct.Nov.Déc.Cumul annuel
Précipitations mensuelles moyennes[19] 70,8 70 72,5 70,8 81,7 70 45,8 58,3 64,2 95 91,7 77,5 868,3

L'évolution des températures mensuelles moyennes (en rouge) et des précipitations mensuelles moyennes (en bleu) est résumée dans le graphe ci-dessous.

Températures et précipitations mensuelles moyennes
Températures et précipitations mensuelles moyennes.
Station météorologique de Gap Varsie
Station météorologique de Gap Varsie.
La « barre de Bayard »
La « barre de Bayard », synonyme de beau temps au-dessus de la ville.

En dehors des brises de vallées, le vent dominant est le vent de nord, nommé localement la bise. Il s'agit d'une composante du mistral. Remontant la vallée du Drac, ce vent franchit le plateau Bayard pour redescendre sur Gap. Lorsqu'il entraîne avec lui des nuages, il se produit le phénomène de « la barre de Bayard » : un amoncellement compact de nuages recouvre le plateau de Bayard. Poussés par le vent, ils descendent dans la vallée. Sous l'effet de l'augmentation de la pression et de la température, ces nuées disparaissent aussitôt quelques centaines de mètres plus bas (Effet de foehn). Même en perpétuel mouvement, la couverture nuageuse semble immobile. Si ces conditions sont synonymes de fraîcheur en automne et au printemps, et de froid vif en hiver, elles s'accompagnent toujours d'une atmosphère limpide et parfaitement ensoleillée au-dessus de la ville[22].

Vue panoramique des quartiers de Gap s'étendant le long d'une ancienne vallée glaciaire orientée sud-ouest/nord-est à une altitude d'environ 750 m. La photo est prise depuis la colline de Saint-Mens au sud de la ville avec en arrière-plan la montagne de Charance culminant à 1903 m. au Cuchon.

Morphologie urbaine

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Jusqu'à la fin du XIXe siècle Gap est restée une simple bourgade dépendante de villes plus importantes comme Serres. Ce n'est qu'à cette date qu'elle acquiert sa fonction et son importance actuelle. Pour cette raison, Gap possède peu de monuments historiques et d'ensembles architecturaux notables. Ceux-ci se limitent à la cathédrale Notre-Dame, la tour de l'Horloge, la cité Desmichels et plusieurs casernes militaires[23].

La ville s'est développée selon un tissu lâche sans véritable identité architecturale. L'hypercentre de très petite taille est constitué d'immeubles bas anciens construits le long de rues étroites qui ont été piétonnisées récemment. À la périphérie immédiate de cet hypercentre ont été édifiés des grands ensembles. Au delà, l'habitat individuel domine. La croissance de la ville est à l'origine d'un phénomène de périurbanisation qui s'est traduit par la construction de quartiers de maisons individuelles sur les coteaux (Charance, Rommette,...) dans le cadre de lotissements ou au coup par coup. Ces formes urbaines consommatrices d'espaces ont nécessité la multiplication des routes d'accès et ont conduit au mitage du paysage[23].

L'augmentation de la population a entrainé une croissance économique qui s'est accompagnée de la construction de vastes zones d'activité le long de l'axe routier principal qui traverse la ville (route nationale 94). Situées aux entrées Sud et Est de Gap, elles comprennent plusieurs centres commerciaux, la zone d'activités de Tokoro ainsi que la zone tertiaire de Micropolis. Ces différentes zones, caractérisées par des bâtiments aux formes géométriques flanqués de vastes parkings et d'enseignes proéminentes et criardes, offrent des paysages de qualité médiocre en particulier aux principales entrées de la ville[23].

Au , Gap est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022[I 1]. Elle appartient à l'unité urbaine de Gap, une agglomération intra-départementale dont elle est ville-centre[I 2],[I 3]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Gap, dont elle est la commune-centre[Note 1],[I 3]. Cette aire, qui regroupe 73 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[I 4],[I 5].

Occupation des sols

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Les espaces naturels et agricoles représentent plus des deux tiers de la superficie de la commune. Les forêts publiques sont la forêt domaniale de Chaudun (2181 hectares) et les forêts communales de Bayard (101 hectares), Saint-Mens (31 hectares) et Charance (424 hectares). La forêt de Chaudun comprend le bois de Chapitre (195 hectares) qui est classée réserve biologique. Les forêts de feuillus dominent (1661 hectares) devant les forêts de conifères (810 hectares) et les forêts mixtes (190 hectares). Les forêts privées représentent par ailleurs 1670 hectares. Aucune parcelle ne fait plus de 25 hectares[24]. Les espaces à usage agricole représentent une superficie totale de 5464 hecates dont 2142 hectares de terres labourables, 562 hectares de prairies permanentes, 2263 hectares de parcours et estives[25]. 1305 hectares étaient irrigués en 2007 (en diminution) via le canal du Drac et un système de bassins de retenue (réserve des Jaussauds, réservoir des Mannes, lac de Pelleautier) pour faire face aux sécheresses estivales[26].

Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).

Occupation des sols en 2018
Type d’occupation Pourcentage Superficie
(en hectares)
Tissu urbain continu 0,3 % 34
Tissu urbain discontinu 9,7 % 1076
Zones industrielles ou commerciales et installations publiques 2,0 % 222
Extraction de matériaux 2,0 % 20
Terres arables hors périmètres d'irrigation 17,8 % 1971
Prairies et autres surfaces toujours en herbe 7,1 % 788
Systèmes culturaux et parcellaires complexes 11,3 % 1253
Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants 6,2 % 692
Forêts de feuillus 5,9 % 652
Forêts de conifères 3,6 % 403
Forêts mélangées 10,3 % 1140
Pelouse et pâturages naturels 9,2 % 1024
Landes et broussailles 2,8 % 310
Forêt et végétation arbustive en mutation 3,2 % 350
Roches nues 1,8 % 201
Végétation clairsemée 6,7 % 744
Source : Corine Land Cover[27]

Sur 21 594 logements, à Gap, en 2012, 88,2 % sont des résidences principales (contre 89 % des 19 579 logements en 2007), et 8,4 % sont vacants (contre 7,3 % en 2007). Les ⅔ d'entre eux sont des appartements (près de 66 %). Une majorité de ces habitations sont composées de 4 pièces (30 %) ou 5 pièces (27 %). Dans l'ensemble, les constructions datent de la période 1946 - 1990 (64 %). La moitié des habitants de résidences principales sont propriétaires (51 %), la part d'habitat locatif social, quant à elle, ne représente que 16,3 %[28].

Projets d'aménagement

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  • Rocade, dorénavant appelée boulevard urbain[15]. En cours de réalisation, en trois sections à différents stades d'avancement[29].
  • Aménagement et modernisation de la gare de Gap[30].

Préhistoire et protohistoire

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Le premier peuplement de Gap daterait du néolithique[31]. La culture de ces premiers habitants faisait partie du Chasséen méridional[32].

Les très rares témoignages de l'époque préromaine sont constitués par les vestiges d'un oppidum situés au sommet de la colline de Saint-Mens avec quelques traces visibles d'un dolmen mis au jour en 1866[33] et d'un ancien cimetière au lieu-dit Pré Camargue ; mais aucun reste n'a été conservé de ces deux dernières découvertes. Des deniers gaulois ont également été retrouvés[34]. Selon l'historien Jean-André de Luc dans Histoire du passage des Alpes par Annibal p. 212, Gap est la capitale du peuple celto-ligures des Tricorii[35]. Ces peuples, appartenant probablement à des tribus Caturiges, étaient de langue celtique[36]. Une autre hypothèse est qu'il s'agit de la capitale des Avatiques[37].

La période romaine

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Les voies romaines dans les Alpes au IVe siècle
Les voies romaines dans les Alpes au IVe siècle.

Le Gapençais fait alors partie du territoire des Voconces, peuple gaulois romanisé lors de la conquête de la Narbonnaise en 125-124 av. J.-C., dont les capitales étaient Luc-en-Diois et Vaison-la-Romaine.

Vers 20 av. J.-C., Cottius, un chef de tribus de la vallée de Suze, allié à Rome, et exhorté par Auguste, entreprit l'édification d'une voie de communication dans la vallée de la Durance. Il dut soumettre les différents peuples concernés, ceux-ci désireux de conserver leur indépendance. Cet itinéraire, édifié entre 14 et 6 av. J.-C., et qui reçut le nom de Via Cottia per Alpem, reliait Turin à Sisteron et comportait six stations. La ville de Gap a été fondée à partir d'une de ces stations. En 22, le site de Gap devient le départ d'une voie romaine vers Valence[38].

À cette époque, l'emplacement de la future ville se résumait à un camp romain. Ce camp était protégé par un mur terrassé entouré d'un fossé[39]. Il était le plus important entre Montgenèvre et Sisteron. La garnison qui l'occupait pouvait être estimée à 360 hommes. Ceux-ci provenaient des peuplades alentour. Ils étaient chargés de protéger les utilisateurs des voies romaines contre les pillards. Plus tard, un axe vers le Champsaur est créé. Le site de Gap prend de l'importance en devenant un nœud de communication[38]. L'économie est alors principalement pastorale et les premières cultures se développent sur les pentes de Puymaure[38]. Certaines habitations sont construites sur pilotis ainsi que le montrent des fouilles[31]. Une inscription permet d’identifier le lieu de culte consacré à la déesse romaine Victoire comme en fait consacré à la déesse gauloise Andarta, assimilée à la déesse romaine par les Romains[40].

Durant les premiers siècles, la population s'accroît de façon importante, agriculteurs, marchands, colons venus d'Italie ou des régions avoisinantes vinrent se grouper sous la protection des légionnaires romains. Vers la fin du IIIe siècle et au IVe siècle, est édifiée une nouvelle fortification. Ces remparts[41], qui entourent totalement la première enceinte, sont composés de onze côtés et de onze tours qui protègent les habitants de la ville des invasions barbares[42],[43]. Le monde romain se sentit en effet très tôt menacé par les envahisseurs germaniques. La superficie enclose, 2 ha, fait de Gap un gros bourg[44].

La région évangélisée aux IIIe et IVe siècles, un grand diocèse fut créé en incorporant à la cité d'Aix toute la vallée de la Durance jusqu'à Chorges, et à partir du concile de Nîmes de 396, Remigius fut chargé de le diriger. Au moment où la hiérarchie chrétienne, qui symbolisait la paix romaine et l'organisation sociale, s'implantait à Gap, l'Empire romain qui avait apporté à ses habitants un début de civilisation et un espoir de progrès, tombait en décrépitude puis succombait sous le coup des envahisseurs germaniques, auparavant maintenus au-delà du Rhin.

Ils commencèrent à envahir la Gaule vers 400. La région des Alpes, longtemps épargnée, parce qu'elle était pauvre, fut envahi par les Wisigoths en 412 et occupé par les Burgondes dès 450. Puis vinrent de nombreuses incursions barbares, des hordes germaniques, vinrent du nord, les Danois, les Scandinaves, de l'est, les Hongrois, les Huns, du sud les Sarrasins.

Le Haut Moyen Âge

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Sceau des Consuls de Gap

Gap et sa région firent partie du comté de Provence constitué à la fin du Xe siècle, puis du comté de Forcalquier qui s'en est détaché au XIIe siècle. Les évêques de Gap étaient aussi les seigneurs temporels de la ville. Mais leur contrôle fut longtemps contesté par les officiers des comtes de Forcalquier, notamment sous l'épiscopat d'Arnoux, qui devint par la suite le saint évêque de la cité[45]. Les terres allodiales du comté de Gap étaient : La Bâtie-Neuve, Rambaud, Châteauvieux, Le Glazil, Lazer, Le Noyer et Poligny[46],[47].

À partir de 1044, le comte de Provence devient l'hôte de l'évêque. Le pouvoir quasi absolu de l'évêque ne trouve ses bornes que dans ces liens d'homme à homme qui sont spontanément noués depuis deux siècles entre gouvernant et gouvernés. La souveraineté de l'évêque est exercée par ses officiers (bailli, procureurs d'offices, chapitre). Le chapitre organisé au début du XIe siècle a ses officiers, doyen, sacristin, archidiacre, et compte 15 à 18 chanoines recrutés parmi les bourgeois et la noblesse de la ville. A cette bourgeoisie gapençaise, dont l'origine peut être considérée comme très ancienne, car il n'y a pas de cloison étanche entre la civilisation gallo-romaine et celle du haut Moyen Age, viennent s'agréger aussi des éléments étrangers : dauphinois, provençaux du sud, italiens, un très grand nombre d'individus qui, après avoir suivi la grande route, ont trouvé à Gap une place de choix.

Cette population urbaine s'organise dès le XIIe siècle. Comme dans toute la moitié sud de la France, les institutions gallo-romaines sont conservées (en particulier le système juridique) et les magistrats municipaux prennent le nom de consuls tandis que le régime municipal adopte celui de consulat. L'évêque de Gap, en principe souverain dans la cité de Gap, y logeait tout de même le comte de Provence et de comte d'Albon. La politique des évêques fut donc très délicate, prise entre trois feux : ceux du Dauphin, ceux du comte et ceux de la commune naissante.

La principauté ecclésiastique de Gap

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Ancienne porte fortifiée de la Ville de Gap (XVIeme)

Les bourgeois de Gap profitant du passage dans leur ville de Gautier de Pabiatis, vicaire impérial, obtinrent la reconnaissance officielle de leur consulat et de leurs libertés : droit d'élire leurs consuls, d'avoir un juge, des revenus communaux, droit de légiférer en matière de police et de finances. Cet acte de 1238 constitue la Charte de la commune de Gap[48]. Le consulat est à Gap une magistrature dont les attributions proviennent du démembrement de l’ancien pouvoir comtal et font de la communauté une véritable seigneurie. En tant que gouvernement, le consulat de Gap est composé d’un corps de deux à quatre consuls, ou syndics, ou entrent généralement un chanoine du chapitre et de un à trois nobles, corps représenté occasionnellement par un syndic. Ce corps peut déléguer des officiers inférieurs tels que des mandatores ou des banniers. Il est assisté d’un conseil restreint qui approuve ses décisions. Un conseil général des habitants est exceptionnellement convoqué au son de la cloche, lors des décisions graves, à propos de la cession du consulat au dauphin en 1271 par exemple. Les attributs de la seigneurie, entre les mains des consuls, sont la maison du consulat, la cloche, les clés et la prison. Le consulat a de la seigneurie, non seulement les attributs, mais encore la réalité du pouvoir, il acquiert des fiefs, tel la seigneurie de Furmeyer en 1253, engage des combats, même contre le dauphin, lors de la prise et destruction du château de Montalquier en 1257. Il prête enfin serment de vassalité comme il le fait au dauphin en 1271.

Parmi les attributions consulaires, figurent en premier lieu le droit de légiférer, ensuite la juridiction. Elle comprend d’autre part, la police des bans ou amendes, à percevoir par les gardes consulaires à Gap et dans son territoire. Il y avait également une prison consulaire.

Gap - Place St Arnoux et cathedrale 1607 - Jean de Beins

À la mort du dernier comte de Forcalquier en 1209, les régions d'Embrun et de Gap étaient transmises au Dauphiné tandis que celles de Forcalquier et de Sisteron retournaient au comté de Provence. C'est pour cette raison que le blason actuel de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur porte le blason du Dauphiné. En 1349, le Dauphin de Viennois Humbert II transmit sa principauté au petit-fils de Philippe VI de France, le futur roi de France Charles V. De 1349 à 1457, le Dauphiné demeura une principauté séparée de la France, dont le prince était le fils aîné du roi de France. En 1457, Charles VII mit fin à ce statut et intégra la province au royaume de France.

Les templiers possédaient une maison à Gap, établissement secondaire qui dépendait d’une commanderie[49]. La création du consulat qui gouvernait la ville remonte à avant 1209[50].

Au XIVe siècle, la ville profite des bénéfices de l'installation des papes à Avignon qui lui apporte un passage plus fréquent de voyageurs pour développer un artisanat de laines et de peaux qui la fait prospérer. Les liens avec Avignon sont renforcés par la présence de nombreux clercs de l'entourage du pape au sein du chapitre des chanoines de Gap[51].

Gap est une ville fortifiée dès le XIIe siècle et compte sept portes.

Renaissance et ère moderne

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Gap en 1607
Gap en 1607, Jean de Beins

Guerres de religion

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Les XVIe et XVIIe siècles sont des périodes particulièrement sombres pour la ville. Les Guerres de religion sont meurtrières dans la région. Gap est un fief catholique, alors que le Champsaur a basculé dans la « religion prétendument réformée ». Il est à noter que le célèbre réformateur protestant Guillaume Farel (Natif des Farreaux près de Gap) prêchera avec ferveur dans le Dauphiné et en Suisse, après sa participation à l'embryon de la Réforme française de Meaux. Après diverses escarmouches, François de Bonne de Lesdiguières, chef des protestants, décide d'attaquer Gap, pourtant protégée par 20 tours. Dans la nuit du 3 janvier 1577, François Philibert, dit « Cadet de Charance », lui ouvre la porte Saint-Arey, et lui permet de pénétrer par surprise dans la ville[52],[53]. De Bonne incendie la cathédrale, pille les couvents[52] et s'édifie une orgueilleuse citadelle sur la colline de Puymaure d'où il domine tout Gap[54]. Remarqué par Henri III, Lesdiguières mènera une longue carrière au service des rois de France qui lui vaudront d'être nommé maréchal de France, gouverneur de la province du Dauphiné et à la suite de sa conversion au catholicisme de devenir le dernier connétable de France en 1622 à la fin de sa vie.

Invasion du Dauphiné en 1692

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En 1692, les troupes du souverain piémontais Victor-Amédée II de Savoie, engagé dans la Ligue d'Augsbourg contre la France de Louis XIV, prennent la ville, abandonnée par ses habitants, le . Gap est pillée et incendiée[55] : sur les 953 maisons de la commune, 798 sont détruites.

Une des dix villes du Dauphiné

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Aux XVIIe et XVIIIe siècles, selon les géographes et voyageurs de l'époque mais également pour l'autorité royale, Gap fait partie des dix villes de la province du Dauphiné bien que ce statut soit accordé sans que des critères clairs (démographiques, administratifs, religieux, militaires ou économiques) soient établis. Ce statut leur valait de pouvoir envoyer des députés aux états de la province avant que ceux-ci ne soient suspendus mais également de subir une fiscalité plus lourde[Note 2]. Les témoignages datant de cette époque sont peu nombreux et souvent peu précis car le Dauphiné ne fait pas partie des régions fréquentées par les voyageurs. Pour tous Gap est néanmoins une ville mineure. Jouvin de Rochefort remarque que sa cathédrale qui « si elle n'est pas des plus grandes, est une des mieux baties pour durer longtemps étant flanquée de grosses pierres de taille de couleur grisâtre comme sa haute tour qui est proche du palais de l'évêque » (la cathédrale, tombée en ruines, sera reconstruite au XIXe siècle). Sur le plan économique au