Fanagalo
Le fanagalo, ou fanakalo, est une langue vernaculaire ou un pidgin fondé principalement sur le zoulou et l’anglais, avec une petite quantité d’afrikaans et de portugais[1]. Il était utilisé comme lingua franca, principalement dans les industries minières de l’or, du diamant, du charbon et du cuivre en Afrique du Sud, et dans une moindre mesure en République démocratique du Congo, en Namibie, en Zambie et au Zimbabwe. Bien qu’elle soit utilisée uniquement comme seconde langue, le nombre de locuteurs a été estimé à plusieurs centaines de milliers en 1975. L’usage du fanagalo a peu à peu décliné au profit de l’anglais par la suite.
Étymologie
[modifier | modifier le code]Le mot fanagalo provient du nguni "fana + ga + lo" qui se traduit mot à mot par "aimer + de + cela", mais qui signifie "faire comme cela", reflétant son utilisation comme langue d’instruction. Les autres orthographes du nom incluent fanakalo et fanekolo. Il est également connu sous le nom d’isikula, lololo ou isilololo, piki ou isipiki et silunguboi.
Histoire
[modifier | modifier le code]Le fanagalo est l’une des nombreuses langues pidgin qui se sont développées pendant la période coloniale pour améliorer la communication entre les peuples en Afrique du Sud. Il est d’abord une langue parlée par des mineurs de différents horizons linguistiques. Cependant, son origine exacte reste incertaine et il existe plusieurs théories à cet égard.
La théorie la plus répandue est que le fanagalo a été créé par des hommes parlant différentes langues, et venus travailler dans les mines à la fin du 19ème siècle. Finalement, ces langues se sont combinées et un nouveau dialecte s’est formé pour briser la barrière linguistique parmi les mineurs. Le fanagalo s’est ainsi répandu à travers tout le pays et dans toute l’Afrique australe. En plus des Africains indigènes, les colons afrikaners et anglophones et les immigrants européens (tels que ceux d’origine portugaise, polonaise et allemande) ont contribué au développement du fanagalo.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Mesthrie, Rajend (2007). "Differentiating Pidgin from Early Interlanguage – A Comparison of Pidgin Nguni (Fanakalo) and Interlanguage Varieties of Xhosa and Zulu". Southern African Linguistics and Applied Language Studies. 25: 75–89.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) Ralph Adendorff, Language in South Africa, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-79105-2), « Fanakalo – a Pidgin in South Africa »
- Lunga, Violet Bridget (2004). "Mapping African Postcoloniality: Linguistic and Cultural Spaces of Hybridity". Perspectives on Global Development and Technology. 3 (3): 291–326.
- Mesthrie, Rajend (2019-08-27). "Fanakalo as a mining language in South Africa: A new overview". International Journal of the Sociology of Language. 2019 (258): 13–33.