Alexa Wilding
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Alice Wilding |
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Alexa Wilding, née Alice Wilding, c. 1847 dans le Surrey et morte le à Londres, elle est une modèle anglaise.
Elle est l'une des modèles préférées de l'artiste préraphaélite Dante Gabriel Rossetti et figure dans certaines de ses plus belles peintures de la fin des années 1860 aux années 1870. Elle pose pour plus de ses œuvres achevées que n'importe laquelle de ses muses les plus connues, y compris Elizabeth Siddal, Jane Morris et Fanny Cornforth[1].
On connaît relativement peu de choses sur Alexa Wilding, alors que les trois autres modèles de Rossetti font l'objet de nombreux écrits. Cela est peut-être dû en partie à l'absence de toute connexion romantique ou sexuelle entre eux, ce qui différencie la relation de Rossetti avec certaines de ses autres muses[2].
Biographie
[modifier | modifier le code]Famille
[modifier | modifier le code]Alexa Wilding vient d'une famille ouvrière de Shrewsbury. Elle est née enfant unique vers 1847 d'un père facteur de pianos[3] et dont les frères sont bouchers. D'après le recensement de 1861, alors qu'elle avait 14 ans, Alexa Wilding vit au 23 Warwick Lane, près de Newgate Market à Londres, avec sa grand-mère de 59 ans, deux oncles et un cousin. Elle est une ouvrière travailleuse dont le niveau de vie n'est pas élevé pour l'époque, elle sait lire et écrire par ailleurs. Au moment de sa collaboration avec Dante Gabriel Rossetti, elle vit chez une tante et travaille comme couturière ayant pour ambition de devenir actrice[3].
Carrière de modèle
[modifier | modifier le code]Rossetti aperçoit Alexa Wilding pour la première fois en 1865 lors d'une promenade un soir le long du Strand. Il est immédiatement impressionné par sa beauté. Elle accepte de poser pour lui le lendemain pour un tableau qu'il projetait d'incarner, Aspecta Medusa, mais elle ne vient pas comme prévu ; il est possible qu'elle ait été rebutée par la réputation moralement douteuse des modèles à cette époque. Les semaines passent et Rossetti abandonna l'idée du tableau qu'il a en tête. L'apparence d'Alexa Wilding comme modèle lui parait tellement importante que lorsqu'il l'aperçoit à nouveau dans la rue, il saute du taxi dans lequel il se trouve et la persuade d'aller directement à son studio. Il la paye une somme hebdomadaire pour qu'elle pose exclusivement pour lui, craignant que d'autres artistes ne l'emploient également[4]. Elle pose pour lui à Kelmscott Manor, maison de William et Jane Morris où la La Ghirlandata fut notamment peinte[5]. Rossetti et Alexa Wilding entretiennent une relation durable ; après la mort de celui-ci en 1882, Alexa Wilding, bien que n'étant pas particulièrement aisée financièrement, aurait voyagé pour déposer une couronne sur sa tombe à Birchington-on-Sea[6].
D'après le recensement de 1881, Alice Wilding, âgée de 34 ans, vivait au 33 Redcliffe Road, à Kensington, avec ses deux jeunes enfants, Charles et Nellie Wilding. Charles James Ernest Wilding est né à Hammersmith le . Eleanor Wilding est née le , également à Hammersmith. L'identité de leur père est inconnue[7]. À cette époque, Alexa Wilding possède un bien immobilier qu'elle loue, représentant un accomplissement considérable pour une femme issue de la classe ouvrière. Dans ses lettres à Dunn de 1873, Rossetti se plaint de la situation de logement d'Alexa Wilding, puisqu'il semble avoir souvent été appelé à lui prêter de l'argent à ce sujet ; « AW va sûrement maintenant se débarrasser de cette maison de fous. »[8]
Elle pose, de façon informelle, pour le peintre George Price Boyce dans les années 1860[3].
Décès
[modifier | modifier le code]L'acte de décès délivré pour Alexa Wilding indique sa disparition le , à l'âge de 37 ans. La cause du décès est une péritonite qui dure six jours et fini par entraîner un épuisement ; seize mois auparavant, le diagnostic d'une tumeur splénique avait été posé. Il pourrait s'agir de la maladie qui a auparavant fait croire à Rossetti qu'elle est malade et qui l'empêche parfois de maintenir ses séances[9].
Elle est enterrée au cimetière de Brompton, avec sa grand-mère, Mary Ann, et sa nièce, Marie. Alors que son certificat de décès indique la date de son décès comme étant le , sa pierre tombale indique le [10].
Importance dans l'œuvre de Rossetti
[modifier | modifier le code]Dans les tableaux de Rossetti, l'élégance et la beauté éthérée d'Alexa Wilding contrastent avec celles d'un autre modèle de Rossetti, Fanny Cornforth, plus voluptueuse. Les traits plus raffinés d'Alexa Wilding sont substitués à ceux de Fanny Cornforth dans Lady Lilith (1864-1868), en partie parce que le mécène et propriétaire du tableau, Frederick Leyland, considère Fanny Cornforth comme « trop sensuelle et commune »[6],[5]. De même, le tableau Venus Verticordia (1864–1868) est repeint avec le visage de Wilding en janvier 1868 alors qu'une cuisinière de près de six pieds de haut avait initialement posé[11]. Rossetti semble avoir considéré ses traits suffisamment polyvalents pour les rôles de la vertu, par exemple Sibylla Palmifera, et du vice, comme dans les peintures mentionnées ci-dessus, dans des rôles auparavant réservés à Fanny Cornforth[12].
Les contemporains d'Alexa Wilding semblent avoir des avis divergents sur ses capacités d'expression : l'assistant de Rossetti, Henry Treffry Dunn, dit d'elle qu'elle est « … dépourvue de toute variété d'expression. Elle reste assise comme un sphinx, attendant d'être interrogée, et ne répond que par une réponse vague… Mais elle dissimule une profonde affection sous son apparence placide. » Le frère de l'artiste, William Michael Rossetti, la considère quant à lui comme « capable d'une expression très variée ». Dunn la décrit comme ayant « un visage ravissant, magnifiquement modelé dans chaque trait, plein d'un calme mystique et serein qui correspond admirablement à certaines de ses conceptions… Il fut frappé par son beau visage et ses cheveux blonds auburn. C'était exactement le type de visage qu'il recherchait depuis si longtemps. »[6]
Les traits de Alexa Wilding sont facilement reconnaissables dans l'œuvre de Rossetti : cheveux roux, long cou, lèvres parfaites en forme d'arc de Cupidon et yeux un peu plus doux que les célèbres yeux aux paupières lourdes d'Elizabeth Siddal. Cependant, dans La Demoiselle bénie, les traits de Wilding sont moins discernables grâce à la façon dont Rossetti la représente avec les yeux de sa défunte épouse. De plus, deux des tableaux de Rossetti représentant Alexa Wilding sont similaires à ceux pour lesquels sa défunte épouse Elizabeth Siddal a posé, Regina Cordium et Damsel of the Sanct Grael[13]. Selon son ami proche, le critique d'art Frederic George Stephens, « rien de ce qu'il a dessiné d'elle, aussi diverses que fussent les représentations, ne semblait être autre chose qu'une ressemblance exacte ».
Peintures d'Alexa Wilding
[modifier | modifier le code]- Monna Vanna (1866)
- Regina Cordium (1866) ; une réinterprétation du sujet de sa Regina Cordium de 1860, qui avait été modelée par sa femme Elizabeth Siddal.
- Sibylle Palmifère (1866-1870)
- Venus Verticordia (repeinte en 1867-1868 ; initialement 1864-1866), repeinte avec le visage de Wilding lorsqu'elle ne se vendit pas ; modelée à l'origine par une cuisinière qu'il remarqua dans la rue, « une très grande jeune femme, presque une géante ».
- Le Rêve de Dante (1871), à l'extrême gauche.
- The Bower meadow(1871–1872)
- Veronica Veronese (1872)
- Lady Lilith (repeinte entre 1872 et 1873 ; à l'origine 1864-1868), modelée à l'origine par Fanny Cornforth (cf. cette copie à l'aquarelle ), mais repeinte avec le visage de Wilding.
- La Ghirlandata (1873)
- La Bien-aimée (retouchée en 1873 ; originalement de 1863), modelée à l'origine par Marie Ford, est également considérée comme ayant été inspirée par Wilding lors de sa retouche.
- La Demoiselle du Saint Graal (1874)
- Veuve romaine (1874)
- La Belle Main (1875)
- Un sortilège marin (1875-1877)
- La Damozale bénie (1875–1878) ; montre l'influence des yeux en amande de sa muse suivante, Jane Morris.
Références
[modifier | modifier le code]- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Alexa Wilding » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) Jill Berk Jiminez, The Dictionary of Artists' Models, London, Chicago, , p. 569
- ↑ (en-US) Jennifer Lee, « Venus Imaginaria: Reflections on Alexa Wilding, Her Life, and Her Role as Muse in the Works of Dante Gabriel Rossetti », drum.lib.umd.edu, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 (en) Jill Berk Jiminez et Joanna Banham, Dictionary of Artists' Models : Alexa Wilding, Taylor & Francis, (ISBN 978-1-57958-233-3, lire en ligne)
- ↑ Henry Treffry Dunn, Recollections of Dante Gabriel Rossetti and his circle, Westerham, Rosalie Glynn Grylls Mander, , p. 46
- 1 2 Jiminez 2001, p. 570
- 1 2 3 Paul Spencer-Longhurst, The Blue Bower: Rossetti in the 1860s, London,
- ↑ (en) William Fredeman, Rossetti, Dante : The Correspondence of Dante Gabriel Rossetti, vol. 6, Brewer,
- ↑ Lee 2006, p. 41–2
- ↑ Lee 2006, p. 43
- ↑ (en) Jennifer Lee, « The Forgotten Muse: Alexa Wilding », The Pre-Raphaelite Society Newsletter of the United States, no 19,
- ↑ (en) Virginia Surtees, The Paintings and Drawings of Dante Gabriel Rossetti : A Catalogue Raisonné, Oxford, , p. 99
- ↑ Lee 2006, p. 17
- ↑ Lee 2006, p. 22–23
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Archives Rossetti
- Venus Imaginaria : Réflexions sur Alexa Wilding, sa vie et son rôle de muse dans l'œuvre de Dante Gabriel Rossetti
- La bouche embrassée : « La mystérieuse Alexa Wilding » – cf. pour une autre photographie de Wilding.